Jour 15 – Dernières explorations dans les grottes… Avant la perte du matériel

Au réveil on est partis Antoine, Ime et moi pour explorer la falaise qui était juste au-dessus de notre campement. A coups de machette pour ouvrir le chemin on a longé la falaise à droite puis à gauche, mais on a rien trouvé du tout. 

On est revenus sur le camp, et on avait demandé à Jamyl et à Bagus de plier les tentes et de préparer le départ mais ils n’avaient rien fait. Jamyl avait vraiment très mal au pied et ne pouvait plus bouger, et Bagus avait mal aux pieds aussi et avait envie de se poser. 

On est partis direct de l’autre côté avec Antoine, Ime est resté au camp, on a mangé une barre de céréales et on est repartis. On a traversé avec les packrafts on est montés en face et on est allés voir la grotte que j’avais aperçu la veille au soir et deux autres entrées plus bas, d’une trentaine de mètres de profondeur, des développements horizontaux, et quelques petites céramiques. L’entrée du haut est beaucoup plus grande et plus haute, plus longue et plus profonde. Elle descendait de 6-7m. Ensuite il y avait dessous tout un réseau horizontal qui nécessitait d’être en mode spéléo, de ramper, c’était très étroit. Mais on n’était pas dans les bonnes conditions donc on a fait ce qu’on a pu, je suis allé voir dans tous les trous qui passaient et puis on est tombés sur un squelette de babi tout en bas, il avait dû tomber dans le trou sans parvenir à ressortir. 

On est aussi tombés sur un cadavre de tarentule. Des criquets cavernicoles, les espèces d’énormes araignées cavernicoles aussi, avec des très grandes pattes et les deux pattes avant qui sont comme des pinces. Des chauves souris évidemment et surtout des céramiques, des pilons, des coquillages qui sont dans les rivières et que les gens mangent crus ou cuits. Des traces de charbon, donc de feu au sol et une petite trace sur un mur de charbon mais qui ne représentait rien de particulier.

Après plusieurs tentatives d’explorations infructueuses, nous avons pris le lunch sur un joli petit banc de sable et de galets. Une falaise plus haute me semblait intéressante côté droit cette fois, on a repris un tout petit peu le bateau, puis je me suis arrêté je suis remonté j’ai fait toute la pente, il y avait 100m de dénivelé. Il faut toujours un peu tailler le chemin. A partir du moment où on a quitté le campement le matin j’étais tout seul à faire les explorations, je tentais des incursions à droite à gauche pour voir tout ce que je pouvais trouver. 

Je n’ai pas eu bcp de chance, je suis tombé sur quelques sites notamment un où il y avait des millions de coquilles, ce qui indique qu’il y a des gens qui ont vécu là depuis de nombreuses années, c’était hallucinant, tu marchais sur des amoncellements de coquilles pour attendre la grotte. Il y avait des peintures très récentes, genre “Romeo + Juliette” mais en Indonésien, ou bien juste quelqu’un qui met son prénom parce qu’il est content d’avoir été là, mais rien d’intéressant. Puis encore d’autres grottes à droite et à gauche, mais l’heure finissait par tourner. 

Au bout d’un moment on s’est dit qu’il fallait qu’on avance encore un petit peu car on avait prévu que deux jours d’exploration dans ce coin là. C’était épuisant de faire tout tout seul, j’avais hyper mal aux pieds à cause des mycoses, des irritations entre les cuisses à cause de l’humidité, de la marche de la chaleur, tout ça faisait que ça n’était pas très agréable, et ça n’était jamais complètement rassurant d’aller farfouiller tout seul. 

On a décidé de naviguer un peu et il a fallu qu’on s’arrête à 17h30. On s’est arrêtés sur un banc de sable, mais il était un peu tard et la nuit dans la forêt tombe vraiment vite ce qui fait qu’on a à peine eu le temps de vider nos bateaux d’installer tout, qu’il faisait déjà nuit noire, on a pris la douche vite fait dans la rivière et puis là dessus on s’est pris un déluge monumental à partir de 18h30, tellement fort que Jamyl n’a pas eu le temps ni le courage de monter son hamac, donc on s’est réfugié chacun dans nos tentes. 

On s’est dit que ça n’allait pas durer très longtemps mais ça a finalement duré toute la nuit jusqu’à 3h du matin. On a plus ou moins somnolé, mais on a pas dîné. C’est pour ça que je n’ai pas pu m’enregistrer hier soir, parce que j’avais laissé mon téléphone dehors dans son sac étanche accroché à un arbre. 

J’avais dit à tout le monde de remonter toutes les affaires le plus haut possible par rapport à la rivière tous les soirs, et d’accrocher les bateaux et tout ce qui était accrochable. 

Malheureusement ils n’ont pas pris ça au sérieux et ont laissé leurs affaires sur le banc de sable, à 80cm au-dessus de l’eau. Ils ont laissé les bateaux comme ça, les sacs étanches, leurs chaussures, les pagaies etc. Est arrivé ce qui devait arriver. La pluie énorme a fait monter la rivière de manière hallucinante de presque 2m. A 3h du matin quand on est allés voir la berge, il n’y avait plus rien dessus, sauf mon bateau qui était sous l’eau mais accroché. J’avais tout, si ce n’est que mon sac à dos était dans un autre bateau. 

C’était une erreur de débutant, potentiellement grave. Si on n’avait pas été si proches de l’arrivée, ça aurait pu être une grosse grosse grosse galère. Un seul bateau pour 5 personnes tu ne peux rien faire. Je leur en ai pas mal voulu, je n’ai pas très bien dormi. J’étais énervé qu’ils n’aient pas écouté les consignes, parce que c’est beaucoup d’argent, de perdre trois bateaux, plus les sacs à dos qu’on s’était fait offrir par Lafuma mais qui n’étaient  pas faits pour les perdre dans l’eau. C’était un énorme gachi. La troisième raison c’est que ça nous a grillé la dernière journée d’exploration alors qu’on n’avait pas beaucoup de journées de disponibles pour explorer les grottes et les falaises du coin. Or, cette exploration archéologique était pour moi essentielle et c’était l’une des raisons pour lesquelles j’ai abandonné l’idée d’aller visiter le village dans la zone humide de Matarombeo. Je m’étais dit que ça faisait trop court de faire ça et l’explo archéo. J’avais opté pour l’explo archéo pour être avec tout le monde, et au final j’étais tout seul quand je faisais les explorations. En plus de ça, sans chaussures et sans affaires, nous étions condamnés à finir l’exploration un jour plus tôt.

Voilà, nuit terrible, énorme pluie incessante et un dîner avec deux barres de céréales, un peu d’eau, c’était sommaire. Il a plu tellement que l’eau passait sous notre tente. La toile de base de la tente ondulait entre nos deux matelas gonflables. 

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