Anne-Sophie et Vincent, les ornithologues de l’expédition

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Ils sont têtes en l’air mais c’est pour la bonne cause, rencontrez Anne-Sophie et Vincent, ornithologues sur l’expédition #MAKAY2017

Anne-Sophie et Vincent, ornithologues

– Anne-Sophie, Vincent, pouvez-vous vous présenter ?

AS : Anne-Sophie Lafuite

V : Vincent Romera

Anne-Sophie Lafuite est également une ‘habituée’ des expéditions de Naturevolution. Elle participe au Challenge Makay 2013 pour Naturevolution et découvre le Makay pour la première fois. Remarquée pour ses talents d’ornithologue, Naturevolution l’invite à participer à l’expédition Lost Worlds dans le massif de Matarombeo à l’automne 2014, une expédition pilote visant à établir un début d’inventaire de la biodiversité et les premières images vidéos de l’Anoa, un petit bovidé endémique de l’île de Sulawesi.

– Qu’est-ce que vous faites ici dans cette expédition ?

V : On est tous les 2 ornithologues et on est en charge des inventaires des oiseaux dans le Makay.
AS : Et on utilise à la fois des transects d’identification à la vue et à l’écoute puis des captures d’individus au filet.

– Quel est l’intérêt pour vous de venir à Madagascar et notamment dans le massif du Makay ?

V : Déjà pour Madagascar, il faut savoir que c’est l’endroit où il y a le plus fort taux d’endémisme au monde tous taxons confondus, donc pour les oiseaux c’est évidemment le cas. On a par exemple 53% des espèces d’oiseaux qui nichent à Madagascar et qui sont strictement endémiques de Madagascar.
Et après pourquoi le Makay, c’est parce qu’on est dans une espèce de sanctuaire au regard des autres milieux autour du massif qui sont eux très dégradés et quasiment inexistants dans leurs états originels. On a donc ici un réservoir de biodiversité qui est très intéressant à étudier.

– Comment travaillez-vous sur le terrain ?

AS : On commence par des transects d’observation au lever du jour jusqu’à 11h, midi. Donc on fait ça en se déplaçant à vitesse constante, 1km/h, en ligne à peu près droite, en fait on suit surtout les lignes naturelles comme les rivières et les canyons parce qu’il est difficile de se déplacer dans la forêt ; et on note tout ce qu’on voit, les espèces, le nombre d’individus, etc… tout le long du transect.

Et pour ce qui est des captures on utilise des filets de 12m qu’on ouvre aussi un peu avant le lever du jour et on tourne avec une dizaine de filet. Des qu’un oiseau est pris dedans on va le démailler et on effectue des mesures comme la longueur des ailes, le poids, etc. et on fait des prélèvements si nécessaire comme pour certaines espèces cibles qu’on étudie avec les malgaches.

On va récolter enfin des plumes dans les marécages pour étudier la dispersion des spores de bryophytes par les oiseaux.

V : Je pourrais rajouter un petit quelque chose : je dispose de matériel de prise de vue et d’enregistrement sonore donc à chaque fois que cela a été possible on a photographié et/ou enregistré les espèces.

– Comment travaillez-vous avec les écovolontaires ?

AS : Ils nous ont bien été utiles pour monter les filets, pour vérifier les prises et pour nous assister dans ces manips là. Sur les transects également.

V : Par exemple on eu Marc comme écovolontaire sur la première session qui était ornitho débutant on va dire.
Il était bien intéressé par les oiseaux et très motivé donc c’était le profil qui nous fallait pour nous accompagner sur les transects parce qu’il était silencieux, attentif et comme les oiseaux sont très sensibles au dérangement, si on marche trop bruyamment ou si on parle un peu fort, il y a peu de chances de voir des espèces parce qu’elles fuient avant.

– Anne-so, ton outil de travail préféré ?

– Où en êtes-vous de vos découvertes ?

AS : En dehors des rapaces on a contacté une demi-douzaine d’espèces qui n’étaient pas encore connues pour le Makay et dont l’aire de répartition n’incluait pas du tout le massif.
Donc c’est une autre donnée intéressante car il y a plein d’autres espèces dont on ne connaissait pas du tout la présence dans cette région, ce qui montre à nouveau l’importance de ce « coffre-fort de la biodiversité ».

V : Pour rajouter une dernière chose je dirais que, comme autour du massif il n’y a que des zones complètement déforestées et très asséchées du genre savanes sèches, on retrouve dans le Makay des habitats relictuels qui vont plutôt s’approcher des forêts de type galeries humides. On retrouve notamment des espèces présentes à Majunga, par exemple, qui présente des zones de forêts tropicales humides pluvieuses et ici on a trouvé une espèce qui justement est strictement inféodée à ce type de milieu.

– Des bobos depuis le début de l’expé ?

– Qu’est-ce que vous rêver de découvrir avant la fin de l’expé ?

AS et V : On aimerait vraiment « toper » (cocher) le busard sur les zones humides.
En fait on attend avec impatience d’aller dans la région des marécages parce que là-bas on va trouver des espèces qu’on n’a pas encore contacté dans les canyons ni sur le pourtour du massif, à savoir des espèces de râles par exemple, des espèces plutôt de canards, des espèces d’aigrettes et de hérons, donc la famille des ardéidés et aussi potentiellement deux autres rapaces qui sont peut-être présents là-bas et qu’on espère pouvoir débusquer.

Ce serait donc le faucon à ventre blanc (falco zoniventris) et le busard malgache, qui sont deux espèces qu’on peut trouver sur des milieux types zones humides avec la présence notamment de roselières.
Et si on les trouve, je pense que le Makay méritera son titre de première zone pour les rapaces à Madagascar!

– Une dernière anecdote ?!

PS : l’Autour de Henst est dessiné par Auka sur Most Wanted : les espèces les plus recherchées par les scientifiques dans le Makay ! Vincent Romera est également un photographe talentueux : découvrez ses plus beaux clichés sur son compte Flickr.

Un projet réalisé en partenariat avec Ornithomedia.com

Crédit photos © Julien Chapuis/Natexplorers et Philippe Mistral/Naturevolution.

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