Makay : Un nouveau protocole pour le suivi des espèces menacées

En 2023, Naturevolution a initié avec l’aide d’Hugo Marinx, stagiaire en M2, la mise en place de protocoles standardisés de suivi de la faune et de la flore menacées présents dans le massif du Makay.

La forêt du Makay, un trésor écologique en péril

Le massif du Makay, situé dans le centre-ouest de Madagascar, abrite une biodiversité exceptionnelle. Sa géologie particulière a façonné de nombreux micro-habitats uniques, permettant le développement d’espèces endémiques trouvées nulle part ailleurs. Or, comme dans beaucoup de régions de Madagascar, les forêts du Makay sont menacées par la déforestation, les incendies et le braconnage. Plus de 500 hectares ont été détruits depuis 20 ans.

Feu dans le massif du Makay ©Hugo Marinx/Naturevolution

Pour mieux protéger ce hotspot de biodiversité, des scientifiques et des associations comme Naturevolution cherchent à améliorer les connaissances sur les espèces présentes pour protéger cette zone riche en biodiversité. Depuis 15 ans, l’association étudie le Makay et nous savons déjà que ce massif renferme une biodiversité unique avec plus de 1754 espèces (947 animales et 799 végétales) dont 110 sont nouvelles pour la science. Le Makay abrite également 433 espèces inscrites sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) dont 60 sont menacées et 6 ont le statut « en danger critique d’extinction ».

Lors de son stage au sein Naturevolution, Hugo Marinx a pu contribuer à cette mission. Étudiant en Master 2 Gestion de la Biodiversité à l’Université Paul Sabatier Toulouse III, Hugo a proposé une stratégie d’acquisition et de traitement des données standardisées relatives à la flore et la faune dans le massif du Makay. L’objectif étant d’estimer l’état de conservation des forêts, à travers le suivi des espèces menacées selon les statuts de la liste rouge de l’UICN. Avec ces protocoles, notre objectif est d’avoir une plus fine connaissance de ces espèces, de mieux connaître leurs répartitions, leurs préférences écologiques et leurs évolutions dans le temps, pour à terme mieux les protéger.

Hugo Marinx entouré des écogardes du Sud Makay ©Nathanaël Oliveira/Naturevolution

Cartographier pour mieux connaître

Le travail d’Hugo a d’abord consisté à cartographier la répartition des espèces menacées de disparition dans la région, en compilant toutes les données déjà connues. Sur les 36 espèces végétales présentes, des données GPS ont été trouvées pour 32 d’entre elles. Les espèces animales sont au nombre de 23. Il a également créé des fiches simplifiées pour chacune des espèces, dans l’objectif d’aider à l’identification des plantes et animaux sur le terrain.

Carte présentant les domaines de prospection des écogardes au sein du massif du Makay. Fait avec Qgis. © Airbus DS (2023), Google maps, Naturevolution.
Fiche espèce pour la plante Carphalea linearifolia ©Hugo Marinx/Naturevolution

Suivre l’évolution des espèces dans le temps

Afin d’étudier l’évolution des populations végétales, des parcelles permanentes de 0,1 hectare ont été positionnées de façon aléatoire au sein des différents types de forêts et de plateaux préalablement cartographiés. Les équipes locales prospecteront ces parcelles deux fois par an pour y recenser les espèces menacées présentes. Au total, 751 parcelles ont été positionnées. Ce suivi de végétation basé sur un échantillonnage standardisé permettra de détecter d’éventuels déclins ou modifications dans la composition floristique des parcelles au cours du temps. Ces changements pourront servir d’indicateur de l’état de conservation des habitats du Makay. Le but est de détecter des changements lents, qui pourraient passer inaperçus autrement.

Pour étudier l’évolution des populations animales, des transects linéaires ont été positionnés de manière stratifiée dans les différents habitats, des plateaux jusqu’au fond des canyons. Les équipes parcourront ces transects à intervalles réguliers pour noter les observations d’animaux de part et d’autre du cheminement. Cette méthode standardisée permet d’obtenir des données quantitatives sur l’abondance des espèces. Le suivi sera adapté selon les groupes : comptages visuels pour les lémuriens, points d’écoute pour l’avifaune, et pièges photographiques pour l’herpétofaune et les micromammifères. La répétition des relevés faunistiques dans le temps apportera des informations précieuses sur l’évolution des populations animales du Makay. 

La contribution de tous

En complément du suivi professionnel, Hugo a proposé des programmes de sciences participatives pour impliquer le grand public. Durant son stage, des relevés hors-protocole par les écogardes et les écovolontaires ont permis de récolter 48 points GPS supplémentaires, documentant la présence de 789 individus appartenant à 14 espèces menacées différentes. Actuellement, des formulaires papier sont utilisés pour relever les données. À terme, une application mobile permettra à tout un chacun de noter facilement ses observations de flore et de faune pour cartographier plus précisément la répartition des espèces dans la région. L’implication du plus grand nombre permettra d’optimiser la collecte de données sur ces espèces fragiles.

Les écogardes du sud Makay ©Nathanaël Oliveira/Naturevolution

Préserver un patrimoine naturel

Les informations récoltées grâce à ces différentes méthodes permettront de mieux cibler les efforts de conservation là où ils sont le plus nécessaires. Elles serviront aussi à sensibiliser le public à la richesse de ce patrimoine naturel exceptionnel qu’est la forêt du Makay. Espérons que ce travail pourra contribuer à préserver ce trésor écologique pour les générations futures !

Vous voulez en savoir plus ?

Hugo Marinx vous présente en vidéo et dans son rapport de stage les premiers résultats :

Ils soutiennent le projet « Sentinelles du Makay »

Aidez-nous à préserver les forêts du Makay !

Découvrez ce projet en détail

Des écogardes pour surveiller l’aire protégée du Makay

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