Nouvelle observation de « lémuriens bambous » (hapalémurs) dans le Makay

Ce sont nos écovolontaires et challengers Makay de ce mois d’août qui ont eu le plaisir de voir à deux reprises au moins cinq petites boules de poils — ces fameux lémuriens bambous — les regardant d’un air curieux à deux pas de notre camp de base.

Hapalemur, ou lemurien bambou, dans le massif du Makay

Un Hapalemur, ou lemurien bambou, dans le massif du Makay, Madagascar

Le petit groupe s’est montré à trois jours d’écart, tantôt perchés dans les arbres, tantôt sur une petite terrasse située à 25 mètres de hauteur en falaise. Visiblement peu farouches, ils sont restés un certain temps à grignoter sur leurs lianes (non identifiées !). L’un d’entre eux, probablement un jeune, est resté à seulement 15 mètres de distance un bon moment, balançant sa queue et poussant un petit cri plaintif.

Des individus de cette espèce de lémuriens, appelés localement Boenga, avaient été vus pour la première fois en janvier 2010, puis à nouveau fin 2010 dans deux autres canyons et enfin en août 2011 encore à un autre endroit du massif. L’équipe croyait alors avoir affaire à une nouvelle espèce car leurs caractéristiques morphologiques étaient légèrement différentes de celles de toutes les espèces d’Hapalemur connues. Ce n’est qu’après analyse ADN d’une crotte recueillie lors d’une de nos missions scientifiques que nous avons constaté qu’il s’agissait d’Hapalemur griseus ranomafanensis (découverts pour la première fois dans le parc de Ranomafana à l’est de Madagascar).

Hapalemur griseus ranomafanensis, le lémurien bambou

Hapalemur griseus ranomafanensis, une touchante boule de poil, dans le massif du Makay, Madagascar

Comme la plupart des autres espèces d’Hapalémurs, ils sont classés ‘menacés’ (d’autres espèces d’hapalémurs atteignent des niveaux critiques). Le fait qu’on les trouve tant à Ranomafana que dans le Makay, c’est à dire séparés aujourd’hui par plus de 200 km de collines herbeuses, est un argument fort soutenant la thèse que des forêts recouvraient autrefois ces étendues et que le Makay est un véritable refuge pour un certain nombre d’espèces.

Depuis 2011, malgré notre présence régulière, nous n’en avions pas revu. Nous savions qu’ils étaient également présents dans la forêt de notre camp de base car nous avions plusieurs fois vu des bambous grignotés (les Hapalemurs sont de petits lémuriens mangeurs de bambous) mais nous n’avions jamais pu les observer. C’est maintenant chose faite, une raison de plus de venir partager une mission avec nous.

En attendant, pour vous vous détendre un peu, montez le son, fermez les yeux et plongez dans les forêts du Makay en écoutant cet enregistrement de notre première rencontre avec ces adorables prosimiens :

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