Sauvetage réussi

Un jour de pluie

Nous l’attendions, un peu comme le messie. Il faut dire que notre stock de nourriture commençait à devenir critique! Bien que nous ayons pris l’habitude de manger du PPR combiné ( Pâtes, Pommes de terres, Riz) quasiment à chaque repas depuis le début de l’expédition, il faut l’avouer l’envie de végétaux, fruits ou légumes, devenait intense. Nos corps, las et fatigué, ne demandaient qu’une chose: des vitamines.
Max coincé par les crues n’avait pu nous ravitailler. Le voilà donc, glissant sur l’eau, la pirogue chargée de délices en tout genre pour nos papilles appauvries. Nous l’accueillons avec des cris de joie.
Outre le fait de ravir nos estomacs, l’arrivée de Max et de quelques vivres nous permet d’envisager l’organisation d’un camp avancé pour les jours qui viennent. Tous les esprits ne sont pas en accord avec cette proposition, les discussions sont longues, mais Evrard, force de persuasion, arrivera tout de même à mobiliser la plupart de nos scientifiques. Il est évident que la curiosité prime sur la fatigue ambiante. Nous partirons tôt demain matin. Un petit « baluchon », une tente pour deux, l’essentiel de notre matériel, quelques vivres. Nous ne resterons que deux nuits, les dernières dans le Makay.

Caméléon

La vedette de la journée, c’est Pierre Olivier. Rien n’échappe à ce garçon, du lézard furtif à la plante sensitive, en passant par le caméléon, la couleuvre, l’orchidée sauvage ou le cumulo-mediocris, son oeil agar en a déjà étonné plus d’un d’entre nous. Cette fois-ci, il ne pouvait pas le rater, et c’est un énorme serpent, un Colubridé d’1m40, qui viendra compléter son inventaire. Bruno, ne se cache pas pour le dire, cet animal aura eu le mérite de lui faire vaincre sa peur irrationnelle. Après une bête comme ça, la vision d’un reptile n’a plus son pareil, et c’est avec un bébé Boa au bras qu’il passera une bonne partie de son après-midi.

Boa

Cette journée fut également ponctuée d’une visite improbable et fort courtoise, celle du chef du village d’ Ambalamanga et de son épouse. Nous sommes sur ces terres. Nous en avons profité pour l’interroger sur les mammifères présents dans cette forêt. Selon ses souvenirs, étant enfant la forêt regorgeait de lémuriens, et la rivière était beaucoup plus haute. Charlotte lui explique les causes et effets de la dégradation de son milieu, le message est passé.
Il reviendra dans l’après midi avec une pirogue afin de permettre à Pierre Olivier d’aller étudier sur la rive d’en face.

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