Sakaraha (prononcé Sakarah). Inventaire à la Prévert pour progression avec les esprits…

14 novembre 2010

Toujours pour une question d’inertie, le départ réel du convoi n’est pas tout à fait à l’heure initialement envisagée. Mais ce matin, personne ne le regrette. La place du marché d’Ambalavo prend vit peu à peu dès le lever du soleil. Des paysans malgaches s’installent à même le sol sur des nattes pour présenter leurs productions.

Odile Romain, archéologue au Muséum d’Histoire Naturelle, en revient ravie : «Tout au fond, à l’arrière, il y a une sorte de Marché aux Sortillèges très étonnant ! J’y ai vu du Rostre de Belemnite, des bois de diverses essences calibrés tous identiques, même des étoiles de mer, des Porcelaines et des Korries, des spécules d’oursins, plein de graines différentes, diverses petites touffes de poils, du Quartz, des perles de Maquetite d’Himatite… Je pense que c’est ce qu’on appelle ici de la «Tnomba» (pharmacopée traditionnelle) pour de «l’Ombiasa» (médecine traditionnelle)…». Odile fait partie de l’équipe archéologie sur l’expé, avec Erik Gouthier, Nicolas Gilardi et Christian Perrenoud (qui n’arrive que le 28 nov.).

Peut-être qu’aujourd’hui, quelques âmes d’ancêtres nous donneront un petit coup de main pour cette nouvelle et longue journée de progression en 4×4 ? Nous croisons justement à quelques km d’Ambondrombe, la montagne où elles reposent.

De nombreux paysages incendiés ponctués de «Sakoa» (petits arbustes vert tendre) se succèdent jusqu’à Ranohira, où le convoi se sépare en deux ; les biologistes remonteront directement vers le Makay pendant qu’Evrard et le reste de l’équipe feront un détour pour rendre une visite à un personnage très particulier: le Roi Dodaki, de la dynastie des Zafmanil.

Steeve Goodman, grand spécialiste de Madagascar, avait parlé à Evrard de cette personnalité du Sud Makay. En le rencontrant, peut-être sera t-il possible d’en apprendre un peu plus sur certains sites archéologiques que l’équipe archéo souhaiterait explorer ?

En début d’après-midi, nous progressons sur le plateau désertique de Miorombe, dont les paysages pourraient s’apparenter aux vastes steppes mongoles. Des hectares d’une herbe argentée alternent avec d’immenses zones noires nuancées d’ocre rouge, jusqu’aux horizons bleutés que voilent de lointaines colonnes de fumées. Nous ne comprenons toujours pas la réelle raison de mettre le feu partout…

Il y a des jours où il est plus facile de glisser vers la superstition, plutôt que de se battre contre le cumul de problèmes. En fin de journée, le peu de carburant restant dans la cuve du garage ne permet pas de faire tous les pleins.

Plus tard, un clac-clac inquiétant résonne régulièrement dans le 4×4. Je jette un œil sur Richard, le chauffeur, qui me regarde interrogatif. Après examen (et pour les amateurs de mécanique), il est clair que le cardan a un soufflet éventré et le différentiel de pont avant n’a plus d’huile (fuite). Accompagnés de deux autres véhicules du convoi, nous partons dans une quête active pièce et huile (nous sommes dimanche soir…). Nous finirons par rejoindre le gros de l’équipe tard dans la nuit avec l’huile, un bout de chambre à air pour le cardan et des bananes pour les bonhommes. La bonne humeur dans le petit convoi a malgré tout eu raison du mauvais esprit.

Une réflexion au sujet de « Sakaraha (prononcé Sakarah). Inventaire à la Prévert pour progression avec les esprits… »

  1. Allo Mada ? Allo Mada ? Nous recevez-vous ? Ici Bruxelles, Capitale de l’europe, temple des frites & succursale de l’absurde. On ne sait pas pour vous mais ici tout va très bien, je répète : tout va très très bien. Côté Belgique, entre des inondations hi-sto-ri-ques, l’augmentation du prix de la bière & l’absence presque définitive de gouvernement, on repart voter bientôt, en jet ski (pour les plus nantis) & à la nage (pour les autres).

    Côté français, vous allez être obligé de travailler jusqu’à 84 ans & les moins de douze ans seront désormais sommé de cotiser comme tout le monde, cochon qui s’en dédie.

    Voilà pour les nouvelles de la semaine.

    On espère que malgré tous les temps & tous les contretemps, cette expédition est à la hauteur de vos rêves, de vos savoirs, de vos folies & de toutes vos espérances & on vous souhaite un plein paquebot de fleurs incroyables.

    Spéciale Dédicasse à Dame Laudisoit de la part des espèces de trucs qui lui servent d’amis belges