Projet Refuse Plastic – Nettoyage et traitement des déchets

Les sessions de nettoyage

Les sessions de nettoyage (ou « clean-up ») sont l’occasion de sensibiliser les communautés mais également de rassembler les associations environnementales et de faire de la

communication un peu plus percutante en partageant des images avant/après. Cela permet aussi de nettoyer des zones difficiles en regroupant un grand nombre de personnes (rivières, plages, zones urbaines). Les déchets sont également triés et ceux qui peuvent être recyclés le sont.

En 2023 pas moins de 34 sessions de nettoyages ont été réalisées avec la participation de NEI et de plus de 4000 personnes au total. Plus de 40 tonnes de déchets ont été collectés, dont la moitié sont des déchets recyclables.

Le traitement des déchets

Lorsque NEI récupère les déchets valorisables, ceux-ci sont stockés dans l’atelier situé dans la zone de la décharge de Kendari.

PET : Pour les déchets PET (bouteilles en plastique), les plastiques des bouchons doivent être retirés. Les bouteilles sont ensuite compressées avant d’être revendues à des intermédiaires.

Autres plastiques valorisables (PP, HDPE, etc) : Les plastiques doivent être triés en fonction de leur type et de leur couleur. Cette tâche est fastidieuse et demande de la connaissance et du temps (66 possibilités de tri !). Il sont ensuite broyés à l’aide d’une machine et les copeaux obtenus sont revendus à des entreprises de recyclages sur Java.

Cartons et papier, métal et verre : Ils sont rachetés par des entrepreneurs de Java pour être recyclés là-bas.

Compost : ponctuellement, la ville de Kendari vient déposer des déchets végétaux à l’atelier. Ceux-ci sont broyés (avec la même broyeuse que pour le plastique) puis mis en bac de compostage. Le compost obtenu est ensuite réutilisé par la pépinière de la ville. Cependant les quantités produites sont pour l’instant trop faibles pour être valorisées pour de la revente à des compagnies (mines de nickel, compagnies d’électricité).

En 2023, ce sont plus de 100 tonnes de déchets recyclables qui ont été collectées et déposées à l’atelier de Setiawan pour être traitées et revendues. Ce travail qui semble énorme à l’échelle de l’association est pourtant très loin de pouvoir couvrir les besoins du secteur. Actuellement, ce sont plus de 270 tonnes de déchets qui arrivent par jour à la décharge de Kendari et qui sont enfouis. Une majorité de ces déchets sont des déchets plastiques valorisables et des déchets organiques. D’ailleurs, il existe dans la zone de la décharge des villages de « pickers », de collecteurs de déchets. Ils passent leurs journées au milieu des déchets se déversant avec le ballet incessant des camions de la ville. Ils trient et récupèrent tout ce qui pourrait avoir une valeur économique puis revendent à des intermédiaires. Ces villages sont malheureusement très

pauvres et les enfants ont rarement l’occasion d’aller à l’école. NEI n’interfère pas avec les activités des collecteurs afin de leur laisser leur source de revenu et se concentre sur la base du processus, auprès des communautés. Si l’ensemble des déchets valorisables étaient soustraits à la base, la quantité de déchets enfouis dans la décharge pourrait diminuer de façon très significative.

En 2021 et en 2022 la ville de Kendari a été récompensée par le trophée Adipura pour sa gestion des déchets. Ce trophée n’aurait jamais pu être attribué sans les actions réalisées par Setiawan et son équipe. De plus, Setiawan a reçu en novembre 2023, un trophée de la ville de Kendari pour son travail sur la gestion des déchets. Malheureusement ces récompenses très officielles n’ont jamais été accompagnées de fonds pour soutenir le travail de NEI.

Pour 2024/2025, un projet de développement de la décharge est en cours de discussion entre le gouvernement et la banque mondiale. Si celui-ci venait à aboutir, l’atelier de Setiawan viendrait à s’agrandir et serait pourvu d’une plus grande diversité de machines pour le recyclage et permettrait de valoriser des déchets qui ne pouvaient par l’être jusqu’à maintenant. Par exemple, la pyrolyse permettrait la fabrication de carburant à partir de plastiques « non recyclables ». Dans la théorie, ce serait jusqu’à 150 tonnes de déchets par jour qui pourraient être recyclées contre 10 tonnes par mois actuellement. Cela permettrait également de ne plus avoir à envoyer une partie des déchets en dehors de Sulawesi pour leur recyclage. Mais restons prudents, les projets ne voient pas toujours le jour, ou partiellement. C’est ici l’expérience de Setiawan et sa participation au projet en tant que consultant auprès de la banque mondiale qui, espérons-le, feront la différence. Dans ce cadre, NEI souhaiterait par la suite convaincre la ville de Kendari de mettre en place un camion de ramassage des déchets recyclables par sous-district. Cela soulagerait le travail de NEI et de Setiawan qui ne peut actuellement pas gérer les déchets d’une ville de 400 000 habitants avec les moyens de l’association. Cela permettrait également de sensibiliser l’ensemble de la population au tri et que des progrès plus significatifs soient réalisés dans ce domaine.

Nous travaillons collectivement à ce changement d’échelle et nous nourrissons l’espoir que les pouvoirs publics locaux prennent la mesure du défi.

Découvrez ce projet en détail

Prévention de la pollution océanique et recyclage des déchets à Sulawesi

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