La nature regorge de vitamines

Belle lumière du soir sous une pluie torrentielle
Vendredi 15 janvier 2010

Les grimpeurs et archéologues sont allés tourner des images dans la grotte-sépulture suspendue repérée la veille. Ce fut une belle découverte : les cercueils et les linceuls étaient encore en place.

En parallèle, Julien et Nicolas ont effectué un très beau vol en paramoteur. Belles images en perspective : survol des crêtes et du lac.

De leur côté, les botanistes ont fait la découverte d’un baobab isolé dans une forêt où ils ne s’attendaient absolument pas à une telle espèce. Ils ont aussi prélevé quelques écorces fortifiantes à faire en décoctions pour retaper les plus faibles d’entre nous. Aymeric a collecté d’excellentes baies rouges, des flacourtia, pour toute l’équipe. Que c’est bon de manger quelques fruits frais par cette chaleur!

A midi, alors que le camp devait être déjà démonté, au retour de l’équipe des archéologues, tout reste à faire. Après le repas (riz blanc et soupe de poissons péchés dans le lac, les fameux tilapia) et en plein cagnard, nous avons plié tout le camp le plus vite possible et préparé et pesé les sacs pour les porteurs qui étaient déjà là depuis plusieurs heures.

Juste avant le départ, ils ont commencé à vouloir renégocier leur contrat! Ils estimaient en effet que les charges étaient trop lourdes ou en tous cas, mal réparties. Après de rudes discussions, nous avons réussi à prendre le chemin du lac vers 13h avec 38 porteurs pour un premier arrêt où nous avons rejoint le reste de l’équipe.

Mais alors que tout le monde était prêt à rallier le prochain camp, il apparut que deux botanistes manquaient à l’appel, Jackie et Amadou. L’inquiétude grandit et le temps passa rapidement menant Evrard à décider d’annuler le projet de transect botanique vertical prévu avec Jackie sur le parcours équipé par Greg il y a deux jours. Greg a donc immédiatement quitté le groupe avec Fredo la mort dans l’âme pour aller déséquiper la paroi.

Et pour couronner le tout, les porteurs sont entrés en rebellion et ont refusé à nouveau de coopérer. Certains abandonnant leurs charges ont même commencé à rebrousser chemin sur quelques centaines de mètres pour nous signifier qu’ils n’iraient pas plus loin! Ils souhaitaient renégocier! Excédés mais diplomates, nous avons alors ressorti la balance et pesé à nouveau chaque sac sous les yeux de chaque porteur. Nous avons refait le conditionnement de chaque sac afin que ceux-ci fasse exactement 20 kilos et pas un de plus, pas un de moins. Mais cela n’a pas suffit à calmer les mécontents. Evrard haussa donc le ton un peu plus et secoua notamment Pierre, le chef du village, pour qu’il joue son rôle de chef. Ce dernier qui jusque-là était resté caché sous un arbre et qui ne voulait pas s’exposer, finit par intervenir pour instaurer un nouveau climat de confiance entre les porteurs et nous. Il était temps!

Tout à coup à la radio, Fredo dit qu’il avait retrouvé Jackie et Amadou au sommet. Evrard décida alors de les rattraper et de réaliser le transect malgré le retard accumulé. Tout le monde savait que cela allait se terminer tard dans la nuit car suite au transect, il leur fallait encore traverser le lac, ranger les bateaux et faire la marches jusqu’au prochain camp.

Il chargea Aymeric de diriger le gros du convoi car Igor, terrassé par une insolation, n’était pas en forme.

Malgré cela et comme d’habitude, les porteurs prirent le chemin qu’ils voulaient et le groupe se scinda rapidement en 2 équipes, une lente qui emprunta l’itinéraire plus court du plateau et une plus rapide qui remonta la rivière et ses fonds sablonneux. Heureusement tout le monde s’est retrouvé à peu près au même moment au camp juste avant la nuit.

A la nuit tombée, une pluie torrentielle, bien représentative de ce qui se passe en saison des pluies ici, s’est abattue sur le camp à peine monté. L’inquiétude a alors grandit quant au devenir de l’équipe arrière composée de Fredo, Greg, Amadou, Jackie, Mathieu et Evrard.

Suite à leur descente en rappel, ils ont traversé le lac puis ont pris immédiatement la pluie ce qui les a décidé sans hésitation à ne pas tenter d’entrer dans le canyon. Et bien leur en a pris car quelques minutes plus tard, le niveau d’eau s’est mis à monter à vive allure. Pendant que Fredo s’échinait à conserver les quelques flammes qu’il avait réussi à lancer sous la pluie qui redoublait, Greg et Evrard, craignant une vague d’eau plus violente ont installé des cordes dans les arbres alentours, fait enfiler à nouveau les baudriers à tous et fait monter les moins à l’aise en hauteur afin de les mettre à l’abri. Mathieu faisait alors le guet avec sa frontale et disait toutes les minutes attention ça monte encore. Puis la pluie cessa comme chaque soir et le niveau se mit quelques minutes plus tard à baisser lentement lui aussi. Ils ont eu chaud si on peut dire!

Dans la réalité, ils ont eu plutôt froid car ils étaient trempés jusqu’aux os et n’avaient rien pour se couvrir. Le feu conservé miraculeusement par Fredo permit de se réchauffer un peu et de dormir quelques précieuses minutes. Vers 5 heures du matin le lendemain matin, ils ont quitté les lieux pour rejoindre les autres après une courte et très inconfortable nuit sans grand chose à manger.

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