Dernier jour en brousse

Lundi 8 février 2010

Sur la charrette à zébus en plein soleil

Sur la charrette à zébus en plein soleil

Une bonne nuit de 9 heures et nous voilà réveillés à 5 heures du matin. Pas de petit dejeuner, pas de thé non plus. On décolle donc rapidement vers 6 heures avec les bateaux sur le dos. Nous avons choisi de ne pas rejoindre la rivière car le dos de Greg est mal en point et que nous craignions de devoir tirer les bateaux sur la majorité du parcours.

Nous avons rejoint la piste qui relie les villages du coin, Andranovory, Tsiajorambo et Ankerika à Malaimbandy, la ville au bord de la nationale. Cette piste a commencé par une superbe prairie verdoyante que nous avons traversée au lever du soleil, les herbes hautes et humides brillant comme de la neige fraîche. C’était très beau et la température encore bien douce nous a permis d’allonger la foulée. Les sacs avaient enfin un poids relativement raisonnable.

Nous avons croisé ou fait fuir encore quelques villageois. Il faut dire qu’avec notre taille de vikings, nos barbes, nos gros sacs et nos pagaies au-dessus ont de quoi les effrayer. Quelques 3 kilomètres plus tard, nous avons atteint le village d’Ankerika. Nous sommes tombés sur l’instituteur qui parle quelques mots de français. C’est bien arrangeant de pouvoir communiquer ainsi un peu plus facilement. Nous avons négocié une charrette mais il nous a expliqué que les zébus étaient requisitionnés pour le piétinage des rizières. Nos hôtes nous ont offert un bon plat de riz en guise de petit déjeuner accompagné de feuilles de manioc bouillies avec de l’arachide. J’ai englouti ce plat délicieux. Greg a trouvé cela moins sympathique. Puis un thé ultra sucré et nous devions partir avec deux porteurs pour éviter de solliciter le dos de Greg.

Alors que je posais des questions sur les dahalos, l’instituteur nous a appris une chose très intéressante. Les villages des environs ont décidé il y a 5 ans que les vols de zébus étaient quelque chose de mauvais pour eux et qu’il fallait qu’ils changent cela. Ils ont donc décrété une dina, en gros c’est une sorte de loi communautaire qui ne s’applique que dans cette région et qui répond à une question précise, à un conflit par exemple… En l’occurrence, ici ils ont décrété dans leur dina que les vols de zébus n’étaient plus tolérables. Et tout à coup, les dahalos ont disparu de la région. Nous avons donc découvert qu’il existe bien une solution à la disparition de ce fléau qui à mon avis est un des principaux responsables des feux de brousse à Madagascar. Il suffit donc de bonnes volontés. Reste à réussir à appliquer cela dans les villages du sud Makay qui eux semblent adorer le métier de Dahalo.

Vers 10h, nous étions donc sur le point de partir du village mais au dernier moment, un gars a dit qu’il pouvait nous emmener en charrette. Nous avons donc patienté encore 1h30 pour qu’il mange ainsi que ses zébus et nous sommes partis à l’heure la plus chaude de la journée.

Un petit calvaire a alors commencé car notre gabarit n’est pas du tout adapté à la taille de ces charrettes surtout lorsqu’elle est aussi remplie d’une femme et de deux enfants. Et au fur et à mesure du voyage, notre charretier a encore rempli les maigres espaces de feuilles de palmiers. C’est aussi plutôt inconfortable puisqu’il n’y a pas d’amortisseurs. Bref au bout de quelques kilomètres, nous avons marché à côté de la charrette.

Greg, sans doute à cause de sa lombalgie et de ses pieds enflés, ne pense et ne parle que de la bière qu’il va prendre en arrivant à Malaimbandy. Il tente de speeder notre chauffeur mais le temps malgache est incompressible. Nous arrivons juste avant la nuit et Greg se rue sur sa bière. Puis nous remettons encore nos sacs sur le dos pour 3 kilomètres de plus à faire de nuit sur la route pour rejoindre un hotel sur le bord de la nationale afin de récupérer un taxi-brousse facilement aux premières heures demain matin.

Au moment où nous sommes entrés dans le bungalow, la pluie s’est mise à tomber. Cette fois, nous y aurons donc échappé. La douche a été exquise.

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