Salutations à Brutus

Ce matin, réveil humide. Il faut tout ranger, nous quittons la place. Tout doit être ramassé jusqu’au moindre papier et nous allons faire en sorte que la nature ait repris ses droits. Un grand amas de poubelles et branchages morts est en attente, mais la pluie de cette nuit nous fait techniquement patienter jusqu’aux premiers rayons du soleil qui devraient le sécher suffisamment pour pouvoir y mettre le feu. Ce qui sera fait avec l’aide de Hevitsy, Léon, Noley et Tozy qui font partie de l’équipe des porteurs malgaches. Le bois humide pour allumer un feu, c’est clair, ils connaissent.

Nous saluons (de loin) Brutus, notre ami malin qui reprend toute possession de ses lieux et espérons qu’il pensera à enlever notre malédiction…

Les rotations hélico débutent vers 7h avec le matériel scientifique, bivouac, nourriture pour une quarantaine de personnes. Ce sont 2 slings qui s’envolent… puis plus rien. Plus d’hélico !… Nous attendons… Beau le pilote a-t’il eu un souci avec sa machine ? Nous patientons… Les heures passent dans les vibrations stridentes des cigales et nous n’avons mangé vers 5h que 2 biscuits et un café… Nous compactons les boîtes de conserve. Emeric essaie de joindre par téléphone satellite Vince, Vincent ou Etienne qui gèrent les rotations. Ça ne passe pas… Comme quoi, le matériel high-tech est super jusqu’à ce que…

Nous commençons à envisager de rentrer au camp de base à pied ; problème… Nous sommes à au moins 2 jours de marche, nous n’avons plus de nourriture et ni de quoi bivouaquer (affaires parties dans les précédents slings). Celui qui reste est du matériel qui n’a aucune utilité pour notre rando potentielle. Nous avons malgré tout 3 atouts : 1/ Tanguy a 3 lignes de fond, ce qui permettrait de pêcher un minimum, 2/ Un filtre à main Katadyn et des comprimés Aquatabs pour avoir de l’eau potable à partir de n’importe quelle eau stagnante, 3/ Quelques porteurs malgaches, en souhaitant qu’ils sachent trouver de quoi manger dans la forêt ou dans les canyons…
Les esprits se posent de plus en plus de questions sur les possibilités d’une marche éventuelle quand un bruit de pales commence à faire vibrer les fonds de canyons. En fait, tout va bien, Beau a pris le temps de refaire le plein et nous n’étions pas prévenus… En fait, je crois que certains d’entre nous sont presque déçus de ne pouvoir effectuer cette longue marche à travers le Makay. Ce sera pour une autre fois, avec des sacs pleins si possible…

Retour au camp de base, comme à la maison, sauf qu’en ayant vécu en groupe restreint pendant quelques jours, on se rend vite compte que ce camp de base est un vrai petit village. Beaucoup de monde s’y active. On retrouve les douches et WC à la Robinson Crusoé installés par Emeric, ainsi que quelques têtes nouvelles : Salvator Alemo qui est un ingénieur pour les RIG film 3D, Eric Genilliers qui va installer un système sur l’hélico permettant de filmer sans vibrations, et Edward Louis, un spécialiste des lémuriens.

Justement, Ed.Louis n’est là que pour quelques jours et part de suite en prospection dans un canyon voisin avec ses collaborateurs Richard Kelly, Kaway, Liaude et Richard… (à suivre).

Anne et Rita ont suivi tout ça de près : Anne en relevant si le lémurien avait des parasites, et Rita parce qu’elle se spécialise sur les primates, particulièrement sur les microcèbes, un cousin de notre blessé.
Professeur de sciences naturelles certifié, Rita Ratsisetraina est malgache et diplômée d’études supérieures en Biologie, Ecologie et Conservation Animale à l’Université d’Antananarivo. Elle est aussi membre du Groupe d’Etude et de Recherche sur les Primates. C’est en tant que tel que Evrard l’a invitée à participer à l’expédition, pour apporter et approfondir ses connaissances sur ces espèces uniques au monde, puisque endémiques à Madagascar mais malheureusement menacées par la dégradation accélérée de leur milieu naturel, et effectuer un inventaire des lémuriens dans les zones prospectées. Rita travaille souvent avec Tiana Ratolojanahary, spécialiste du Prolemur simus (suivi, étude comportementale, territoire…). Actuellement chercheur en primates, Tiana participe à l’expédition Makay Nature pour inventorier les lieux où vivent les lémuriens.

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