L’expédition Konawe

A la suite de la mission préparatoire Matarombeo 2014, une nouvelle expédition est prévue dans les karsts du Konawe. L’objectif de celle-ci est de mener une équipe de scientifiques pluridisciplinaires et internationaux au cœur du massif de Matarombeo, et dans les récifs coralliens et les mangroves de la baie de Matarape. Ceux-ci réaliseront non seulement un inventaire de sa biodiversité le plus complet possible, mais étudieront aussi l’impact des activités humaines sur les écosystèmes locaux. Cette expédition fournira de nombreux arguments pour le lancement d’une démarche de conservation.

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Exploration du massif de Matarombeo
Passage sous terre lors de la progression via les rivières sur les bords du massif de Matarombeo. Expédition 2014, Sulawesi.

Le karst de Matarombeo

Le massif de Matarombeo, situé dans l’ensemble des karsts du Konawe, est l’archétype par excellence du Monde Perdu inexploré. Le terrain étant particulièrement compliqué notamment du fait de sa géologie tourmentée et de la densité de sa forêt, la conduite de cette expédition demandera des compétences et des prouesses techniques et physiques aux chercheurs ainsi que d’importants moyens logistiques.

Il s’agira notamment pour traverser le massif de bout en bout, de descendre des rapides capricieux, de gravir des sommets acérés, de parcourir des galeries souterraines pendant plusieurs jours, de se déplacer sous et sur la canopée de cette forêt tropicale vierge.

Tarsier
Un tarsier du massif de Matarombeo. Les tarsiers, qui se distinguent par la taille de leurs yeux et le développement de leurs pieds, sont une famille de primates haplorhiniens (c’est à dire ‘sans nez’, à l’opposé des lémuriens), comme les singes.

Un fort potentiel en découvertes biologiques

L’île de Sulawesi constitue la majeure partie de la Wallacea, une zone biogéographique connue pour la richesse, la diversité et le fort taux d’endémisme de sa biodiversité : 98% des mammifères y sont endémiques, ainsi qu’un tiers des oiseaux et près de 80% des amphibiens. Elle connaît également la plus forte concentration mondiale de papillons. Souvent comparée aux Galapagos, elle est aujourd’hui l’un des 34 hotspots de biodiversité mondial.

Le massif karstique de Matarombeo est l’une des dernières zones quasiment intacte et presque intégralement inexplorée de l’île de Sulawesi. Cette situation particulière en fait à la fois un milieu naturel présentant un potentiel incroyable de découvertes d’espèces nouvelles pour la science, et un ‘dernier bastion de la biodiversité’ qu’il est urgent de protéger face à un nombre grandissant de menaces.

L’exploration de ce monde perdu se fera aussi sous terre, le karst présentant les conditions requises au développement d’un gigantesque réseau souterrain, peut-être le plus grand de cette région du monde. Enfin, des peintures rupestres, des masques et des sépultures ayant été repérés dans les contreforts du massif, une équipe d’archéologues participera également à la mission.

Les rivières du massif de Matarombeo offrent des voies accès, mais qui ne sont pas de tout repos.
Evrard Wendenbaum dans les rapides de Matarombeo. Les rivières du massif de Matarombeo offrent des voies accès, mais qui ne sont pas de tout repos ! Photo ©Phil Bence.

Logistique et moyens techniques

Les rivières Lasolo et Lalindu encadrent le massif au nord et au sud sur toute sa longueur, fournissant des accès relativement rapides en différents points du massif. Comme lors des expéditions et reconnaissances précédentes, les « packrafts », des petits bateaux gonflables, seront de la partie pour utiliser ces voies naturelles, qui comportent notamment des sections souterraines navigables.

Au même titre que les profondeurs des océans, la canopée est un milieu naturel à part entière très peu connu et particulièrement difficle à étudier. Les scientifiques estiment que 70 à 90% de la vie des forêts humides ne se trouve pas au niveau du sol, mais bien en hauteur dans les arbres, faisant de la canopée le plus riche habitat pour les plantes et les animaux. La Bulle des cimes, un ballon d’hélium qui se déplace sur un cable fixé au sommet de la canopée, permettra d’avoir accès à ce milieu particulier, voire d’y installer un réseau d’une centaine de caméra traps afin de capturer l’ensemble des interactions insoupçonnées de la faune arboricole.

La bulle des cimes flottant au-dessus de la canopée.
La Bulle des cimes, développée par Dany Cleyet-Marrel, offre un moyen facile à mettre en place pour accéder à la canopée. Photo ©Dany Cleyet-Marrel / Radeau-des-cimes.org

Finalement, l’utilisation d’un hélicoptère sera incontournable pour une expédition d’une telle ampleur sur un terrain aussi difficile. Facteur limitant sur la mission Matarombeo 2014, en raison de son coût et de son impact environnemental, il sera utilisé sur la future expédition avec parcimonie. Il servira à acheminer du matériel et à déposer des scientifiques sur des milieux isolés au cœur du massif, permettant d’éviter des jours, voire des semaines de portage, tout en augmentant la durée des recherches sur le terrain.

Exploration spéléo dans le massif de Matarombeo. Ile de Sulawesi, Indonésie.
Exploration spéléo dans le massif de Matarombeo lors de l’expédition 2014. Photo Phil Bence / Naturevolution.

Objectifs scientifiques et exploration

Biodiversité & Évolution
Un des volets principal de l’expédition sera de réaliser l’inventaire le plus complet possible de la biodiversité du massif de Matarombeo afin de ramener des preuves concrètes de sa richesse et de pouvoir par la suite argumenter en faveur d’un statut et d’un programme de conservation. Par ailleurs, l’endémisme et la difficulté du terrain étant des caractéristiques majeures de ce massif de Sulawesi, l’étude des facteurs ayant conduit à la diversification des espèces se révèle toujours aussi passionants.

Biodiversité & Conservation
Les écosystèmes situés sur le pourtour du massif de Matarombeo, ainsi que ceux de la baie de Matarape, sont en contact plus ou moins direct avec des milieux habités et exploités par l’homme. Il est donc nécessaire, en prélude à une stratégie de conservation, d’une part d’évaluer l’impact des activités humaines sur ces écosystèmes, et d’autre part de mesurer les services rendus par les différents écosystèmes pour mieux les valoriser.

Les trésors archéologiques du Matarombeo
Le massif du Matarombeo est riche en peintures rupestres et vestiges archéologiques.

Exploration & Spéléologie
Les réseaux souterrains, loin d’être dénués de vie, hébergent des espèces et des écosystèmes adaptés à leurs conditions bien particulières. Encore peu connus, le potentiel d’immenses réseaux souterrains au cœur du massif de Matarombeo laisse présager de bien curieuses rencontres.

Les partenaires

Retrouvez nos partenaires actuels et passés sur cette page. Nous sommes actuellement en plein montage de l’expédition Konawe et en recherche de partenaires pour se joindre à nous. Si vous souhaitez vous associer à ce projet, merci de nous contacter via notre formulaire de contact.

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Une vipère dans le massif du Matarombéo, île de Sulawesi, Indonésie.
Le massif du Matarombéo est riche d’une biodiversité exceptionnelle, mais pas toujours sans risque…