L’expédition Konawe 2018

A la suite de la mission scientifique Matarombeo 2014, une nouvelle expédition est prévue fin 2018 dans les karsts du Konawe, comprenant le massif de Matarombeo et la baie de Matarape. L’objectif de celle-ci est d’accéder cette fois au cœur du massif de Matarombeo et d’y mener plus de scientifiques pluridisciplinaires et internationaux afin de réaliser un inventaire de sa biodiversité le plus complet possible.

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Le karst de Matarombeo

Le massif de Matarombeo, situé dans l’ensemble des karsts du Konawe, est l’archétype par excellence du Monde Perdu inexploré. Le terrain étant particulièrement compliqué notamment du fait de sa géologie tourmentée et de la densité de sa forêt, la conduite de cette expédition demandera des compétences et des prouesses techniques et physiques aux chercheurs ainsi que d’importants moyens logistiques.

Il s’agira notamment pour traverser le massif de bout en bout, de descendre des rapides capricieux, de gravir des sommets acérés, de parcourir des galeries souterraines pendant plusieurs jours, de se déplacer sous et sur la canopée de cette forêt tropicale vierge.

Exploration du massif de Matarombeo

Passage sous terre lors de la progression via les rivières sur les bords du massif de Matarombeo. Expédition 2014, Sulawesi.

Un fort potentiel en découvertes biologiques

L’île de Sulawesi constitue la majeure partie de la Wallacea, une zone biogéographique connue pour la richesse, la diversité et le fort taux d’endémisme de sa biodiversité : 98% des mammifères y sont endémiques, ainsi qu’un tiers des oiseaux et près de 80% des amphibiens. Elle connaît également la plus forte concentration mondiale de papillons. Souvent comparée aux Galapagos, elle est aujourd’hui l’un des 34 hotspots de biodiversité mondial.

Tarsier

Un tarsier du massif de Matarombeo. Les tarsiers, qui se distinguent par la taille de leurs yeux et le développement de leurs pieds, sont une famille de primates haplorhiniens (c’est à dire ‘sans nez’, à l’opposé des lémuriens), comme les singes.

Le massif karstique de Matarombeo est l’une des dernières zones quasiment intacte et presque intégralement inexplorée de l’île de Sulawesi. Cette situation particulière en fait à la fois un milieu naturel présentant un potentiel incroyable de découvertes d’espèces nouvelles pour la science, et un ‘dernier bastion de la biodiversité’ qu’il est urgent de protéger face à un nombre grandissant de menaces.

L’exploration de ce monde perdu se fera aussi sous terre, le karst présentant les conditions requises au développement d’un gigantesque réseau souterrain, peut-être le plus grand de cette région du monde. Enfin, des peintures rupestres, des masques et des sépultures ayant été repérés dans les contreforts du massif, une équipe d’archéologues participera également à la mission.

Les trésors archéologiques du Matarombeo

Le massif du Matarombeo est riche en peintures rupestres et vestiges archéologiques.

Logistique et moyens techniques

Les rivières Lasolo et Lalindu encadrent le massif au nord et au sud sur toute sa longueur, fournissant des accès relativement rapides en différents points du massif. Comme lors des expéditions et reconnaissances précédentes, les « packrafts », des petits bateaux gonflables, seront de la partie pour utiliser ces voies naturelles, qui comportent notamment des sections souterraines navigables.

Les rivières du massif de Matarombeo offrent des voies accès, mais qui ne sont pas de tout repos.

Evrard Wendenbaum dans les rapides de Matarombeo. Les rivières du massif de Matarombeo offrent des voies accès, mais qui ne sont pas de tout repos ! Photo ©Phil Bence.

Au même titre que les profondeurs des océans, la canopée est un milieu naturel à part entière très peu connu et particulièrement difficle à étudier. Les scientifiques estiment que 70 à 90% de la vie des forêts humides ne se trouve pas au niveau du sol, mais bien en hauteur dans les arbres, faisant de la canopée le plus riche habitat pour les plantes et les animaux. La Bulle des cîmes, un ballon d’hélium qui se déplace sur un cable fixé au sommet de la canopée, permettra d’avoir accès à ce milieu particulier, voire d’y installer un réseau d’une centaine de caméra traps afin de capturer l’ensemble des interactions insoupçonnées de la faune en haute.

La bulle des cimes flottant au-dessus de la canopée.

La Bulle des cimes, développée par Dany Cleyet-Marrel, offre un moyen facile à mettre en place pour accéder à la canopée. Photo ©Dany Cleyet-Marrel / Radeau-des-cimes.org

Finalement, l’utilisation d’un hélicoptère sera incontournable pour une expédition d’une telle ampleur sur un terrain aussi difficile. Facteur limitant sur l’expédition Matarombeo 2014, en raison de son coût et de son impact environnemental, il sera utilisé sur l’expédition 2018 avec parcimonie. Il servira à acheminer du matériel et à déposer des scientifiques sur des milieux isolés au cœur du massif, permettant d’éviter des jours, voire des semaines de portage, tout en augmentant la durée des recherches sur le terrain.

Objectifs scientifiques et exploration

Biodiversité & Évolution
Un des volets principal de l’expédition sera de réaliser l’inventaire le plus complet possible de la biodiversité du massif de Matarombeo afin de ramener des preuves concrètes de sa richesse et de pouvoir par la suite argumenter en faveur d’un statut et d’un programme de conservation. Par ailleurs, l’endémisme et la difficulté du terrain étant des caractéristiques majeures de ce massif de Sulawesi, l’étude des facteurs ayant conduit à la diversification des espèces se révèle toujours aussi passionants.

Inventaire de la biodiversité
Evaluer et explorer la diversité biologique par des approches classiques (observations, collectes) et nouvelles d’exploration (bulle des cimes, tyrolienne) dans les écosystèmes de surface (sol, canopée).
Facteurs d'évolution des espèces et adaptation au milieu
Etudier l’isolation géographique et les gradients d’élévation comme vecteur de la diversification et de l’endémisme à Sulawesi en s’appuyant sur différents groupes taxonomiques : Mammifères, Poissons et Crabes.

Biodiversité & Conservation
Les écosystèmes situés sur le pourtour du massif de Matarombeo, ainsi que ceux de la baie de Matarape, sont en contact plus ou moins direct avec des milieux habités et exploités par l’homme. Il est donc nécessaire, en prélude à une stratégie de conservation, d’une part d’évaluer l’impact des activités humaines sur ces écosystèmes, et d’autre part de mesurer les services rendus par les différents écosystèmes pour mieux les valoriser.

Impact de l'anthropisation sur les populations animales
Comparer la diversité et la composition des communautés faunistiques en fonction de l’anthropisation de l’habitat (forêt primaire, forêt secondaire, plantations forestières), en étudiant les oiseaux, reptitles et amphibiens, ainsi que les fourmis et les araignées.
Impact des exploitations minières et des plantations forestières
Analyser l’impact des mines et des plantations forestières sur les milieux sensibles que sont la baie de Matarape et les marécages de Lowe à l’aide de bioindicateurs (Heterobranches, Phytoplancton, Odonates, Fourmies, Araignées, Herpetofaune, Avifaune).
Étude des services fournis par les écosystèmes et la biodiversité
Etudier la biodiversité et les écosytèmes au regard des services écosystémiques rendus : les pollinisateurs (chauves-souris, papillons, abeilles) ; la décomposition du sol (pédofaune) ; le rôle des mangroves (protection des côtes, prévention de l’augmentation du niveau de la mer, pépinières d’espèces, séquestration du carbone, biofiltre contre les métaux lourds) ; le rôle des récifs (protection côtière, abondance des pêcheries, tourisme, avenir médical).

Exploration & Spéléologie
Les réseaux souterrains, loin d’être dénués de vie, hébergent des espèces et des écosystèmes adaptés à leurs conditions bien particulières. Encore peu connus, le potentiel d’immenses réseaux souterrains au cœur du massif de Matarombeo laisse présager de bien curieuses rencontres.

Inventaire de la faune souterraine
Etablir un premier inventaire de la faune souterraine (insectes, araignées, chauves-souris et poissons).
Exploration des réseaux souterrains
Compléter les connaissances sur les réseaux souterrains du karst de Matarombeo.
Inventaire du patrimoine archéologique
Poursuivre la description des sites archéologiques connus et prospecter pour de nouveaux sites.

Une équipe aguerrie aux milieux difficiles

– La connaissance du site d’Evrard Wendenbaum et son expérience de conduite d’expéditions scientifiques en milieu difficile
– Une équipe rodée aux challenges techniques et logistiques suite aux expéditions Makay 2017 et Scoresby 2016
– une équipe de tournage spécialisée dans les documentaires en terrain difficile
– des scientifiques les meilleurs dans leur domaine

Le plan de communication de l’expédition

– Un suivi de l’expédition en direct
– La réalisation d’un documentaire 90min pour A.
– des interventions radio sur F.

Les partenaires

Nous sommes en plein montage de l’expédition et en recherche de partenaires pour se joindre à nous. Si vous souhaitez vous associer à ce projet, n’hésitez pas à nous contacter via notre formulaire de contact.

Une vipère dans le massif du Matarombéo, île de Sulawesi, Indonésie.

Le massif du Matarombéo est riche d’une biodiversité exceptionnelle, mais pas toujours sans risque…

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