Les menaces

Le massif du Makay est exposé à une forte pression anthropique principalement causé par les feux de brousse ; les coupes illicites et le braconnage. Enfin entre 2009 et 2013 la partie sud de Makay a été sujette à des explorations pétrolières intenses ajoutant une menace d’ampleur la biodiversité du massif. Sans action de conservation ou de sensibilisation rapide, une grande partie de la biodiversité du Makay finira par disparaître. Nous détaillons ci-dessous les différentes menaces qui planent sur le Makay :

Les feux de brousse

L’aire protégée du Makay est exposée à des pressions humaines très importantes, en particulier le défrichement dû à la culture sur brûlis causée essentiellement par l’agrandissement des terres de pâturages des zébus. Les zones forestières à proximité des villages sont les plus exploitées. Selon les données associées à travers les missions scientifiques et/ou éducation environnementale et éco-tourisme proche de nos zones d’intervention, nous avons constaté une réduction plus significative de défrichement et de feu par rapport au début de nos activités 1990-2000 et 2000-2005 (source Naturevolution Madagascar) particulièrement sur le territoire de notre village pilote (Tsivoko). Nos actions de suivi écologique et patrouille villageoise agissent donc directement pour réduire la perte d’habitat dû au défrichement. Depuis le début de l’année 2019, aucun feu n’a été observé dans la forêt de Menapanda dans le sud du massif (source : Global forest Watch)

Canyon du massif du Makay déforesté par le feu.

Canyon du Makay après le passage d’un feu de brousse (2017). © Arnaud Zumstein / Naturevolution.

Braconnage & Pièges à Lémurien

La pratique du piégeage est connue dans l’aire protégée du Makay. Ce sont des pièges traditionnels dont la technique de capture faisant appel à des nœuds coulants installés le long d’une traverse constituant un passage obligé où l’animal devrait passer d’un arbre à un autre.

Les espèces diurnes telles que Propithèque de Verreaux (Propithecus verreauxi) ou le Lemur à front roux (Eulemur rufifrons) figure parmi les cibles des chasseurs.

Les lémuriens sont également chassés de nuit, éblouis avec une lampe frontale et tirés avec un lance pierre. A part les pièges à lémuriens « laly », on a trouvé également des pièges appelés «fandrika-andika» destinés uniquement à la capture des animaux terrestres, quadrupède en général.

Braconnage-tenrec

Tenrec capturé dans les forêts du Makay ©Evrard Wendenbaum/Naturevolution

Coupe illicite

Les bois de forêt sont exploités à des fins domestiques. Les bois d’œuvre et de construction sont coupés et transformés avant d’être évacués. Les espèces exploitées sont surtout le bois dur Dalbergia sp. et le Canarium sp. Cette dernière espèce figure parmi les arbres important constituant le principal refuge alimentaire pour les lémuriens du Makay en général. Ainsi donc, ce type d’extraction affecterait sérieusement les populations de lémuriens. Non seulement une source alimentaire mais l’ensemble de ces grands arbres forme également les supports vital et préférentiels de ces animaux. Ces activités sont généralement pratiquées pour pallier l’insuffisance de revenu familial chez les paysans. Le développement de l’écotourisme offre alors une alternative génératrice de revenus aux bénéficiaires directes (guides ou porteurs locaux) et indirect (économie locale) de la communauté face à une dépendance des ressources naturelles.

Les villages de la région sont construits en torchis et avec du bois. Massif du Makay, Madagascar ©Evrard Wendenbaum/Naturevolution

Insuffisance d’éducation environnementale

L’éducation environnementale tend à circonscrire les actions à mener autour du massif du Makay, non seulement en faveur des enfants et des jeunes, mais également en faveur des adultes, membres des communautés villageoises. afin qu’ils participent effectivement et s’approprient progressivement d’une telle action de conservation en tenant compte de leur culture, de leurs besoins et intérêts. Donc, l’objectif est de sensibiliser à toutes les classes d’âges du public cible : niveau scolaire, jeunes et les adultes sur notre richesse en biodiversité, l’endémicité et l’importance de la protection de ses habitats naturels berceau de la biodiversité.

Chaque membre de la communauté pourra alors adopter une nouvelle attitude et comportement positif, en ayant conscience du problème de dégradation de l’environnement.

Puis décidé à abandonner la pratique habituelle sur l’exploitation abusive des ressources naturelles notamment le défrichement du couvert forestier, la chasse et le piégeage. Naturevolution Madagascar continue toujours de s’investir aux activités d’éducation environnementale autour de l’aire protégée du Makay à travers son programme d’animation.

Elvina, institutrice de Tsivoko présente les animaux du Makay avec la fresque de la malle pédagogique ©Benoit Sappe/Naturevolution

Des explorations minières

Madagascar dispose d’un potentiel considérable pour l’exploitation du pétrole et de gaz
(estimation a 1,7 milliard de barils de pétrole sur le territoire de Tsimiroro par Risk Outweighs
Rewards For Investors en 2012). Des compagnies pétrolières, nationale et internationale, s’intéressent au massif du Makay et a son potentiel minier. Ainsi en 2012, Tullow oil, une compagnie minière anglaise a réalisé un vaste programme d’étude géologique sur toute la superficie du massif du Makay. Suite a ses prospections Tullow Oil a abandonné tout programme d’exploitation : « Presque la moitié de la zone du projet est dominée par le massif ruiniforme de Makay. Il est impossible de tracer un layon sismique à l’intérieur de ce massif à cause de la structure topographique (Pente raide, difficulté d’accès) et la richesse biologique». Depuis 2017 et l’obtention d’un statut temporaire d’aire protégée pour le Makay, Naturevolution Madagascar dialogue avec le Ministère chargé des mines. Ce ministère souhaite poursuivre les explorations et refuse au stade actuel plusieurs noyaux durs de l’aire protégée. Il bloque ainsi l’obtention du statut définitif de l’aire protégé Makay.

Dalle de gré, Makay, Madagascar ©Evrard Wendenbaum/Naturevolution

Manques d’appui au développement

En général, les facteurs déterminants de la conservation dans le Makay sont basés sur les problèmes physiques liés à l’environnement (pressions humaines, etc.) et surtout aux problèmes socioéconomiques. Pour résoudre ces différents facteurs, la collaboration avec la population locale environnante constitue un point essentiel jouant un rôle capital dans la réussite de l’action de conservation à long terme du Makay c’est à dire, améliorer le bien-être de la population locale tout en préservant les ressources naturelles existante pour le maintien de l’esprit de conservation. Des projets de développement communautaire favorisant les activités génératrices de revenus sont initiés pour améliorer les conditions de vie des populations de la zone périphérique du massif. Naturevolution Madagascar a initié des projets pilote dans quelques villages dans ce sens tels : apiculture, écotourisme

Porteur_Tsivoko

La colonne de porteurs s’étire au départ du village de Tsivoko. Massif du Makay, Madagascar ©Evrard Wendenbaum/Naturevolution

Préserver le Makay

Actuellement, Naturevolution débute un véritable travail de conservation et de développement dans le massif qui permettant d’avoir de passer du statut de Nouvelle Aire Protégée à celui d’Aire Protégée. Cependant, à travers ses activités au préalables telles que : les missions scientifiques d’inventaires biologiques, écovolontariat, l’éco-tourisme randonné/trekking responsable, les programme de sensibilisation et éducation permettent à l’association d’avoir des résultats significatifs en collaboration avec les communautés et autorités régionales. De plus, plusieurs accords de collaboration locaux et régionaux ayant pour but de protection du massif ont été conclus dans le passé. Ces accords locaux ont engendré des répercussions positives au niveau traditionnel et officiel. Des chefs de villages et certaines structures villageoises vont ainsi déjà dans le sens de la conservation : Evolution des règles des villages pour empêcher le braconnage, empêcher les feux de brousse, réguler les zones de pâturage des zébus, contrôler les prélèvements de bois de construction et limiter sur l’apicueillette (chasseur de miels). Ces accords montrent l’importance de l’action de sensibilisation annuelle menée par l’association Naturevolution au niveau local. Avec la multiplication des réunions de sensibilisation, la distribution de supports et l’implication des populations dans le processus de conservation, la responsabilisation des populations pourrait voir une rapide évolution.

Forêt dans le massif du Makay

Forêt de Sakapaly – 3ème plus grande forêt de l’aire protégée Makay ©Evrard Wendenbaum/Naturevolution