Etat des lieux

Madagascar est caractérisée, de par son contexte particulier, par son taux d’endémisme, c’est à dire par la quantité d’espèces qui, parmi toutes les espèces présentes à Madagascar, n’existent nulle part ailleurs dans le monde.

Macro-endémisme tout d’abord, puisque 75% de toutes les espèces connues à Madagascar, ne se trouvent qu’à Madagascar. Ce taux d’endémisme atteint 90% et plus, non seulement chez les vertébrés comme les mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, pour les plantes à fleurs mais aussi parmi les invertébrés avec pour exemple marquant un taux d’endémisme de 97% chez les mollusques continentaux.

En outre, les espèces au sein de ces différents groupes présentent des aires de répartition restreintes à différents écosystèmes spécifiques de Madagascar, et ne sont ainsi pas représentées sur tout le territoire malgache. Ce micro-endémisme est remarquable notamment pour les lémuriens avec ~70 espèces et sous-espèces majoritairement micro-endémiques.

Tenrec_Makay

Un tenrec se fait tout petit sur une branche dans la forêt d’Antsoha. Massif du Makay, Madagascar.

Par ailleurs, parmi ces 70 espèces de lémuriens, 21 espèces ont été décrites sur la dernière décennie et une douzaine est en attente de description. Et, depuis le début des années 90, 111 espèces d’amphibiens ont été découvertes et décrites, sur les 244 actuellement connues de Madagascar. Un taux de découvertes trois fois supérieur à celui enregistré au niveau mondial pour ce groupe. 

En outre, une étude récente a montré que la richesse spécifique en amphibiens malgaches atteindrait 465 espèces, presque le double de ce qui est actuellement connu.

Ce taux d’accroissement des connaissances indique que l’inventaire actuel de la biodiversité malgache ne reflète qu’une fraction de la réalité biologique. Et si l’on considère que les vertébrés ne représentent que 2,7% de la biodiversité de la faune planétaire, il est raisonnable de penser qu’il existe un réservoir important de découvertes parmi les invertébrés. Les découvertes sont à attendre principalement parmi les insectes, arachnides, mollusques et nématodes et dans les écosystèmes peu étudiés car difficilement accessibles pour diverses raisons : économique, politique, pénibilité ou dangerosité des milieux, etc.

Malheureusement, cette biodiversité exceptionnelle fait face à de nombreuses menaces.

Grenouille_Makay

Cette jolie grenouille endémique a atterri par mégarde sur la chevelure de l’ornithologue de l’une de nos missions dans le massif du Makay à Madagascar