(2/6) Deforestation: the timetable (in) government action?

After initiating in 2018 a Beekeeping Pilot, Naturevolution start a reforestation project near the villages of Makay: village forests. But we could start this project without you explain this autumn how it fits in both a specific local context and in a worrying global context. Through 6 items we take stock of the current state of deforestation, commitments and actions initiated by the different governments, reforestation initiatives in terms especially in Madagascar and finally the possible actions to your scale to fight against deforestation . An entire program !

At an international level

Depuis 1992 et la déclaration du sommet de Rio, la lutte contre la déforestation est évoquée durant les rencontres internationales afin de créer un cadre d’action global et maintenir le rôle essentiel de nos forêts.

2010 – Durant la conférence mondiale sur la biodiversité de Nagoya, les objectifs d’Aïchi sont adoptés par les parties de la CDB avec notamment l’objectif de « réduire au moins de moitié, ou lorsque c’est possible à près de zéro, le taux de perte d’habitats naturels, y compris les forêts » et « un objectif de sauvegarde de la biodiversité pour 17 % des zones terrestres et des eaux continentales et pour 10 % des zones marines et côtières« . La création de l’IPBES, le « GIEC de la biodiversité » est annoncée.

2014 – la déclaration de New York sur les forêts fixe l’objectif de « réduire les pertes forestières naturelles de moitié d’ici 2020, en s’efforçant d’y mettre fin d’ici 2030 ».

Forêt de Madagascar

Les forêts de Madagascar sont parmi les plus menacées au monde. Madagascar, 2004.

2015 – l’ONU inscrit dans l’Objectif de Développement Durable n°15 (ODD15) la thématique de la vie terrestre : « Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les exploiter de façon durable, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des sols et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité ».

2015 – l’Accord de Paris qui fixe l’objectif de maintenir le réchauffement « nettement en dessous de 2°C » reconnaît « l’importance de la conservation et, le cas échéant, du renforcement des puits et réservoirs des gaz à effet de serre ». Parmi ces puits et réservoirs de gaz à effet de serre, les forêts stockent une part importante du carbone. Durant la COP21, sept pays ont signé les déclarations d’Amsterdam qui ont pour objectif d’éliminer la déforestation des chaînes d’approvisionnement en produits agricoles et d’appuyer les efforts portés par le secteur privé pour soutenir l’approvisionnement en huile de palme durable à l’horizon 2020.

2018 – le dernier rapport du GIEC (Intergovernmental Panel on Climate Change) warning about the need to preserve carbon sinks without which it will be impossible to limit global warming to 1.5 ° C compared to the preindustrial era.

2019 – le GIEC publie un rapport thématique Sols & Changement Climatique. This report confirms the significant impact of deforestation and agriculture on greenhouse gas (1/4 of the land is degraded by human activity). In the current climate crisis, IPCC scientists highlight deux solutions majeures : la protection et la restauration des forêts accompagnées d’une transformation radicale du système alimentaire mondial.

Forêt du parc national d'Ankarana, Madagascar

Forêt du parc national d’Ankarana, Madagascar, 2010.

Au niveau européen

L’Union européenne dispose d’une stratégie forestière depuis 1998, en faveur de la gestion durable des forêts.
En 2013, la Commission européenne a publié « Une nouvelle stratégie de l’UE pour les forêts et le secteur forestier » qui vise à orienter la politique forestière de l’UE à l’horizon 2020 avec deux objectifs principaux et un budget de 8,2 milliards d’euros sur 5 ans :

  1. s’assurer que les forêts européennes sont gérées de façon durable,
  2. renforcer la contribution de l’Union à la promotion de la gestion durable des forêts et à la lutte contre la déforestation au niveau mondial.

In Europe
Les forêts européennes se portent bien. Elles s’étendent sur 182 millions d’hectares (5% des surfaces forestières mondiales) et couvrent 43% de la superficie de l’Union. L’Europe est la seule région au monde où les surfaces forestières s’accroissent actuellement, avec une croissance estimée à 800 000 hectares par an d’après le rapport de Forest Europe « Etat des forêts d’Europe 2011 ». Cependant il ne resterait que 4% des forêts primaires en Europe et certaines sont encore menacées, comme la forêt de BiałowieżaThe oldest primeval forest in Europe, in Poland threatened by logging, and Forest Hambach Germany, threatened by a coal mine.

Carte des forêts d'Europe

In the rest of the world
Entre 1990 et 2008, Europe was responsible for the deforestation of an area equivalent to Portugal (9 millions d’hectares) pour ses importations de produits agricoles, notamment le soja, l’huile de palme et le cacao. C’est la « déforestation importée ».

Following a study of the European Commission in 2013 (The impact of EU consumption on deforestation) We observe that 39% of global deforestation is caused by imported Europe. L’Europe est alors le continent qui génère le plus de déforestation importée, et les engagements pris en 2014/2015 visent à s’attaquer au problème. La France, à travers son plan climat et notamment sa « stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée » publiés en juillet 2017 s’est engagée à « mettre un terme à la déforestation importée ». Reste aujourd’hui à respecter ces différents engagements qui tardent à se concrétiser, notamment via des mesures sur le échanges commerciaux de l’UE.

Le 23 juillet 2019, date où la France ratifie le CETA (traité de libre-échange avec le Canada), la commission européenne publie le document « Renforcer l’action de l’UE en faveur de la protection et de la restauration des forêts du monde » et propose 5 priorités et actions clés :

Pour en savoir, plus le parlement européen propose une fiche thématique : L’Union Européenne et les forêts.

Pour quels résultats ?

Depuis 27 ans nos gouvernements soutiennent que la lutte contre la déforestation est une priorité mais qu’en est-il aujourd’hui ?

Comme nous l’avons vu dans l’article précédent, l’état des lieux de la déforestation en 2019, un ralentissement global du rythme de la déforestation nette avait été constaté pour la période 2000-2010, avec une perte annuelle moyenne estimée à 7 millions d’hectares.

Quel sera le bilan pour la décennie 2010-2020 ? 2020 est justement la date butoir où les principaux objectifs politiques ont été fixés : Challenge de Bonn sur la reforestation, Déclaration de New York sur la protection des forêts, Objectifs du Développement Durable, Déclarations d’Amsterdam sur les chaînes d’approvisionnement, et la Convention d’Aïchi sur la biodiversité.

De nouveaux outils, comme Global Forest Watch, permettent de suivre la perte de forêt tropicale annuellement, et sur une moyenne glissante. Après une période de stagnation, la déforestation semble être bien repartie à la hausse ces dernières années, signe que l’ensemble de ces accords internationaux ne se concrétise pas en résultats réels. La raison en est sans aucun doute qu’ils ne sont pas accompagnés d’un changement en profondeur du système économique mondial. Le bilan de ces engagements risque donc d’être fort décevant en 2020.

Graphique présentation la perte de forêt tropicale entre 2002 et 2018.

Un verdissement de la planète ?

Cependant, malgré une déforestation persistante, les surfaces végétales sur la planète ont progressé de 5% entre 2000 et 2017, soit l’équivalent tout de même de la forêt amazonienne. Bonne nouvelle ? Mauvaise nouvelle ?

Malheureusement il s’agit ici plutôt d’une mauvaise nouvelle :

  • 70% du verdissement est dû au réchauffement climatique qui permet à la végétation de se développer dans les latitudes plus au Nord.
  • En Inde, un verdissement important est à noter mais celui-ci est dû à l’augmentation des surfaces cultivées.
  • En Chine, une vaste politique de reboisement est en cours depuis plusieurs décennies pour lutter contre la désertification qui affecte un quart du territoire et 400 millions de personnes. Si les surfaces forestées ont considérablement augmenté, la faible diversité des espèces d’arbres choisies engendre des forêts peu propices à la biodiversité.
  • Finally, as ce gain ne compense pas la perte de végétation naturelle et de la biodiversité extrêmement riche qui s’y trouve, notamment dans les régions tropicales, comme au Brésil, en Indonésie et au Congo.

De l’espoir pour les forêts d’Indonésie

Une perspective optimiste, soulignée par le dernier rapport de Global Forest Watch, concerne l’Indonésie. Suite à la crise des feux de 2015, l’Indonésie a affiché trois années consécutives de réduction sérieuse de la déforestation.

Le gouvernement a mis en place en 2011 un moratoire sur la déforestation (pas de nouveaux permis d’exploitation sur les forêts primaires et tourbières), qui bien qu’insuffisant pour lutter de manière effective contre la déforestation, a mené à quelques progrès à partir de 2016. Ce moratoire a été rendu permanent à l’été 2019, mais son impact est très faible : il existe de nombreuses failles permettant de le contourner et les zones couvertes sont largement insuffisantes, comme le décrit Mongabay dans un excellent article. La Malaisie envisage quant à elle un plafonnement des plantations de palmiers à huile du pays.

Zonage des forêts dans la proposition 2011 de moratoire sur la déforestation en Indonésie

Zonage des forêts dans la proposition du moratoire de 2011.
En noir, les zones couvertes par le moratoire ; en rouge, les zones non couvertes et à risque ; en gris clair, les tourbières profondes stockant une quantité incroyable de carbone. Source : Greenpeace.

N’oublions pas pour autant que tout peut changer rapidement pour le pire (comme au Brésil et aux États-Unis dernièrement) et que les politiques publiques n’auront d’impact que si le gouvernement lutte activement contre la déforestation illégale et clôt les failles juridiques. L’industrie de l’huile de palme reste le moteur privilégié du développement des zones rurales – une industrie qui fait travailler 18 millions de personnes – mais les techniques d’exploitation actuelles des plantations font que celles-ci ne sont particulièrement lucratives que sur des terres récemment déforestées, la vente du bois coupé permettant de couvrir les investissements et d’être donc rentable dès la première année. Les feux sont quant à eux repartis à la hausse en 2019, mettant en valeur un manque de suivi sur le terrain.

Plantation de palmier à huile à Sulawesi, Indonésie.

Plantation de palmier à huile à Sulawesi, Indonésie.

Les aires protégées pour préserver les forêts

Meanwhile, the number of protected areas is continuing its slow progression, with 15% of the land surface of the earth having a protected area status in 2019 (suivre la couverture des aires protégées dans le monde). Arriverons-nous à atteindre les objectifs de la convention d’Aïchi pour la diversité biologique qui a fixé 17% de surface protégée d’ici 2020 ? Et arriverons-nous, avant qu’il ne soit trop tard, à protéger la moitié de la surface de la planète protégée – continents et océans compris – comme le recommandent les scientifiques du Half-Earth project ?

Il faut compter également que la moitié des aires protégées au niveau mondial ne sont protégées que sur le papier (les paper parks ou ‘réserves sur le papier’) et subissent donc de fortes pressions anthropiques. Il est donc tout aussi important d’agir pour la création de nouvelles aires protégées, que de ‘gérer’ des aires protégées et d’y développer des projets afin que la préservation de la nature y devienne une réalité au bénéfice de tous.

C’est notamment ce que fait Naturevolution depuis 2009 dans le massif du Makay à Madagascar en portant la demande de création de la New Protected Area of ​​Makay (obtenue en 2017), en étant reconnue gestionnaire de l’aire protégée, et en y développant une conservation strategy.

Forêt dans le massif du Makay

Forêt de Sakapaly – 3ème plus grande forêt de l’aire protégée du Makay, à Madagascar.

Alors que la création d’aires protégées fait appel à des procédures publiques lente et complexes, d’autres acteurs font le choix de l’achat des terrains à titre privé.

  • C’est notamment le cas de Douglas et Kristine Tompkins, respectivement fondateur de The North Face et ex-PDG de Patagonia, qui ont acheté de vastes étendues en Patagonie argentine et chilienne, y ont développé des programmes de protection, de régénération et de réintroduction d’espèces, avant de les transférer aux gouvernements chilien et argentins pour qu’ils deviennent des parcs nationaux. Leurs nombreux projets sont aujourd’hui regroupés dans la fondation Tompkins Conservation.
  • This is also what Kalaweit en Indonésie, en achetant des étendues de forêts tropicales pour les protéger.
  • Closer to home, the association QUOTATION MARKS buys privately courses in France to give back to nature by making them Wild Life Reserves. Their latest project and the largest to date, purchase of 500 hectares of the domain Valfanjouse in Vercors, was the subject ofa report by France 24.
Parque Pumalín, Chili

Parque Pumalín, Chili. Le parc Pumalín résulte du premier projet des époux Tompkins. Photo © Parque Pumalín

Our Partners

This reforestation project is supported by MaltemInitial funding to the tune of € 10,000 was obtained from MaltemEnabling the launch of Village Forestry Project. Maltem is an ecosystem of specialized consulting companies in the digital transformation and sustainable innovation, and a partner of Naturevolution since 2016.

The entire series of articles

An article proposed by Gaëtan Deltour and Yann Bigant

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