Retour sur les Missions Ecovolontaire et Aventure du printemps

Les séjours d’écovolontariat et treks aventure que nous proposons dans le massif du Makay ont débuté au printemps cette année. 16 participants motivés par l’aventure et la solidarité sont partis rejoindre les équipes de Naturevolution sur le terrain.

Au programme : chantiers de développement dans les villages de l’ethnie Bara, à proximité du massif, et trekking engagé au cœur même du Makay pour découvrir ce monde perdu, véritable coffre fort de la biodiversité malgache.

Camp des écovolontaires au village de Beronono

Camp des écovolontaires au village de Beronono

Palabres entre écovolontaires et villageois de Beronono

Palabres entre écovolontaires et villageois de Beronono

Laetitia, Laurène, Valentin, Elise et Véronique composaient la première équipe d’écovolontaires arrivée sur le terrain encadrée par un des responsables de Naturevolution Madagascar. Rapidement au travail, ils ont pu tout à loisir piocher, pelleter, brouetter, piétiner à pieds nus un mélange composé de terre argileuse – de bozaka (herbes séchées), de bouses de zébu (!) et d’eau, enduire de chaux l’intérieur de l’école du petit village de Beronono commencée quelques mois plus tôt, finaliser l’enduit extérieur à mains nus, ou encore participer à un cours dispensé par Stanislas, le maitre d’école, dans « l’ancienne école » aux murs plus que lézardés mais encore fonctionnelle !

Les écovolontaires réalisant l'enduit de facade de l'école

Travaux d’enduit des façades sur l’école

Villageois de Beronono

Sourires du Makay…

Un reptile inoffensif visite le chantier des écovolontaires

Joli petit visiteur inoffensif

Pour ces cinq écovolontaires, l’aventure « Makayenne » s’est poursuivie par un trek de plusieurs jours qui leur a permis de rentrer à l’intérieur du massif, soit au fond des canyons, soit en partie haute sur les plateaux supérieurs, dans le but de rejoindre un second village portant le nom de Tsivoko tout en bivouaquant chaque soir sur les berges des rivières découlant du massif.

Camp de base des écovolontaires dans la forêt primaire

Camp de base dans la forêt primaire

Pendant ce temps une autre équipe composée d’écovolontaires et d’aventuriers, est arrivée à Beronono. Les diversités de formules proposées permettent à chacun de choisir celle qui lui correspond le plus. C’est dans cet optique qu’Alexandra, Delphine et Charlotte se sont vues proposer la finalisation des travaux débutés par la première équipe alors que les 8 randonneurs aventuriers ont pu partir en trek dès le lendemain de leur arrivée.

Ceux-ci ont effectués pas moins de 11 jours de treks sur l’ensemble de leur séjour, encadrés sur trois parcours différents situés en plein cœur du massif du Makay. Des journées de balade découverte à des randos plus engagées au fond des canyons, ils ont pu profiter pleinement des décors grandioses et uniques qu’offrent le Makay. Une belle manière de réaliser que les entrailles du Makay sont exceptionnellement riches en biodiversité grâce à leur enclavement depuis des millions d’années — une prise de conscience facilitées par la présence opportune d’un scientifique dans l’équipe : l’entomologiste Benoît Gilles.

Trek à travers un canyon du Makay

Canyon du Makay où l’on a pied…

Trek à travers un canyon du Makay ... dont on ne voit pas le fond

Canyon du Makay où l’on n’a plus pied !

La totalité des écovolontaires s’est ensuite retrouvée à Tsivoko où le travail sur l’école et l’immersion villageoise leur ont permis de mieux comprendre les problématiques locales et l’implication de Naturevolution au travers des différentes actions que nous mènons là-bas depuis 7 ans.

Les missions se sont terminées ensemble par des balades, observations faunistiques, repérages et identifications d’arbres particuliers ainsi que quelques travaux d’aménagement sur un site phare, le Camp de Base de Menapanda, situé au pied des falaises du Makay et en plein cœur d’une forêt primaire exceptionnelle.

Réfection par les écovolontaires de la case au camp de base de Ménapanda

Réfection de la case au camp de base de Ménapanda

Les écovolontaires au-dessus de la forêt primaire de Ménapanda

Au dessus de la forêt primaire de Ménapanda

Une première mission qui en appelle d’autres tant la réussite et l’engouement ont été au rendez vous. A savoir que nos prochaines missions dans le massif du Makay sont programmées pour juillet, aout et octobre de cette année.

Continuez la lecture avec la suite des travaux de l’école au mois de juillet, le récit d’une famille écovolontaire dans le Makay, ou encore le témoignage de Louis, naturaliste emballé par le Makay

Lightgraff Makay par les écovolontaires lors d'une soirée au camp

Merci à tous pour votre implication aux actions de développement et de conservation de Naturevolution.

C’est le jour du défrichage !

C’est sur l’air de la célèbre chanson d’Amadou et Mariam “Dimanche à Bamako” que notre équipe reprenait le refrain “le dimanche à Beroroha, c’est le jour du défrichage !” en marchant vers le terrain acquis par Naturevolution situé sur les bords du Mangoky, armée de pioches et de haches.

Cette bonne humeur était la bienvenue car la tâche était de taille : défricher ce terrain d’environ 2 hectares comprenant une bonne concentration d’acacias terriblement épineux ! Ce terrain a été acheté pour recevoir la pépinière de Beroroha et développer des infrastructures d’accueil pour les touristes arrivant et quittant le Makay. Ces infrastructures comprendront quelques bungalows, un bar-restaurant, une aire de camping mais aussi un atelier d’artisanat et un musée destiné à présenter et à conserver les vestiges archéologiques sensibles découverts dans le Makay ces dernières années.

Le terrain avait été partiellement défriché par notre pépiniériste. Notre objectif était d’utiliser les branchages pour en faire des clôtures (afin d’essayer d’empêcher les zébus d’y pénétrer) et de brûler le reste au centre du terrain avec la plus grande attention. Pendant deux jours, notre équipe, accompagné de quelques villageois en renfort, a donc coupé, défriché et nettoyé le terrain. Cette tâche difficile, avec la chaleur ambiante ajoutée à celle du feu, était récompensée chaque jour par une baignade fortement appréciée dans le Mangoky marquant la bordure sud du terrain. Une vraie plage de rêve et des couchers de soleil uniques qui devraient combler les futurs visiteurs.

L’école dans la forêt

Durant notre séjour à Tsivoko et dans la forêt de Menampanda (soit une dizaine de jours), nous avons délivré les premières formations au métier de guide à 14 stagiaires originaires des trois villages dans lesquels nous travaillons. La journée type se déroulait en deux temps : le matin, nos apprentis-guides travaillaient aux côtés de nos volontaires pour avancer sur les différents chantiers et l’après-midi, ils se partageaient en deux groupes (les jeunes et les “anciens”) pour recevoir des formations en français. Les formateurs abordaient chaque jour des thèmes différents pour les préparer au mieux à la venue des premiers écotouristes.

Parmi les thèmes abordés, nous avons entre autres, développé le lexique de la nature (monde végétal et animal, la géographie des lieux autour du camp), et avons insisté sur les tâches que doivent savoir gérer un guide et un porteur (conduire un groupe de touristes, les conseiller sur le matériel à emporter, les aider à franchir les obstacles, les informer sur les distances et la durée des itinéraires suivis, leur transmettre leurs connaissances de l’environnement…). Nous avons également organisé des ateliers variés : préparation des repas, installation du camp (montage et démontage de tente notamment), constitution d’un herbier en indiquant les vertus de chaque plante et leurs usages par les locaux.

Le dernier jour, nous avons pu mettre en pratique leurs connaissances lors de la grande sortie que nous avons faite tous ensemble dans les canyons et à la découverte d’une superbe grotte ornée. Nous sommes partis à plus de 30 pour un long mais somptueux trek plein de sensations fortes.

Nous espérons pouvoir poursuivre et parfaire ces formations pour aller plus loin dans la maîtrise du français et l’apprentissage du métier de guide pour nos stagiaires avec qui nous avons pu créer des liens d’amitié forts. Une prochaine session de formations nous donnerait également l’occasion d’améliorer notre malgache!

Photo de groupe des stagiaires avec leurs formateurs

Qui s’y frotte, s’y pique!

Les gousses du pois mascate sont recouvertes de petits poils terriblement urticants. Madagascar, Makay.

Si par mégarde, il vous arrivait de vous frotter à cette plante d’apparence inoffensive, n’aggravez pas votre cas en vous grattant car vous ferez pénétrer de minuscules aiguilles de silice un peu plus loin dans la peau. Une rencontre avec la Mucuna Pruriens (ou, de son nom vernaculaire, pois mascate) vous en coûtera une bonne démangeaison! Les malgaches ont leur astuce pour contrer les effets indésirables des poils urticants de cette plante : ils allument un feu et profitent de la chaleur qui s’en dégage pour annihiler le prurit.

Cette plante grimpante, qui peut mesurer plus de 15 mètres de haut, donne des fleurs blanches ou pourpres et des gousses d’une dizaine de centimètres et recouvertes de poils bruns jaunâtres, pointus et urticants. Les membres des expéditions Makay ont eu la mésaventure de la trouver souvent sur leur chemin.

Mais le pois mascate n’est pas aussi nuisible qu’il y parait, cette plante possède des vertus qui se trouvent principalement dans les fameuses gousses aux poils irritants. Il est utilisé en médecine ayurvédique qui lui prête de nombreux bienfaits dont celui de traiter l’anémie, la dysenterie, l’aménorrhée, les vers intestinaux, et les morsures de serpents. Il est également utilisé pour ses effets anti-vieillissement. Il est une source de L-Dopa, un acide aminé utilisé dans la lutte contre la maladie de Parkinson et la dépression. Des vertus aphrodisiaques sont également prêtées au pois mascate, il soignerait les troubles de l’érection et stimulerait la libido. Enfin, sa gousse comestible est utilisée comme complément alimentaire.

il serait donc regrettable de le considérer comme un vulgaire “poil à gratter”…

Le Tabaky – Le bois qui maquille

Les femmes s'appliquent un masque de beauté qui a également la fonction de les protéger des rayons nocifs du soleil. Massif du Makay, Madagascar.

Cette femme a illuminé son visage et celui de son bébé avec un Tabaky; ce masque est fait de bois râpé très fin, sur une pierre, souvent du bois de santal, puis il est mélangé avec de l’eau. La femme étend cette composition sur son visage qui la protège des ardeurs du soleil mais fait également office de produit de beauté.

Le Tabaky est confectionné à partir de l’aubier (partie de l’arbre juste sous l’écorce, généralement tendre et blanchâtre) de deux arbres, le Masonjoany et le Fihamy (ou Aviavy). Le procédé est simple : les femmes frottent un petit morceau d’aubier contre une pierre plate tout en ajoutant quelques gouttes d’eau jusqu’à l’obtention d’une pâte. Elles prélèvent ensuite de cette préparation avec un bâtonnet de bois ou de plastique à bout rond ou pointu, et l’appliquent sur le visage, parfois en dessinant des motifs.
Certains s’en appliquent sur tout le visage, en évitant le contour des yeux, d’autres n’en mettent que sur le front, les joues ou le menton.
Saviez-vous que le bois pouvait être l’allié de la beauté ? A Madagascar, loin des centres de beauté parisiens et new-yorkais, capitales de la mode, le Tabaky est un produit de beauté peu ordinaire mais digne de ce nom!

Mais qui est à l’origine de cette leçon de maquillage si naturelle? En Inde, on sait que les signes frontaux des femmes hindouistes sont dessinés au santal (points rouges), au calcaire (dessins blancs), au curcuma (motifs jaunes). Somaliennes et Djiboutiennes se masquent de jaune au safran ou au curcuma pour les soins de leur peau. Nous retrouverons le curcuma à Mayotte comme nous avons rencontré le santal. L’océan Indien a transporté ces produits et probablement les rituels du masque.

Allez les filles, cet été, soyez belles et naturelles : laissez au placard tous ces potaillons remplis de produits dont vous ignorez la provenance et préférez une petite préparation maison. Les vertus que recèlent la nature sont immenses, il n’est donc pas utile de recourir à la chimie pour prendre soin de soi.

Sources :

 

Les rencontres se poursuivent

Réunion artisanat autour des nouvelles activités économiques avec Naturevolution, Beroroha, Makay, Madagascar

Notre agenda du week-end est plein, et si tout se passe bien, dimanche soir nous aurons à peu près croisé et discuté avec toutes les personnes que nous souhaitions croiser ici à Beroroha.

La journée commence autour d’une table avec la petite équipe de jeunes de l’association 3A. Les associations sans but lucratif à Madagascar sont calquées sur le même principe que nos associations loi 1901, c’est avec une bonne partie de leur conseil d’administration que nous échangeons. Ils souhaitent poursuivre tellement d’objectifs à la fois que la discussion a souvent besoin d’être recadrée pour trouver une liste de sujets sur lesquels nous pouvons, à coup sûr, collaborer dans les mois à venir. Nous en retenons deux qui nécessitent l’implication de jeunes locaux motivés :

  1. l’installation de la bibliothèque
  2. le nettoyage de la ville et l’amélioration de la collecte des ordures

 

Les prochains mois feront office de période probatoire, nous leur avons expliqué qu’il fallait d’abord commencer par des tâches « court terme » et relativement simples à mettre en œuvre avant de démarrer des projets plus ambitieux sur une plus longue durée. Une relation de confiance doit se mettre en place entre nous.

Dans les deux cas ci-dessus, nous avons fait une liste très précise des tâches à faire. Pour la bibliothèque, il sera nécessaire avant toute chose de trouver un local. Après plusieurs réunions avec le maire, il est possible que nous ayons un appui de ce côté, mais tout reste à faire. Les « 3A » vont se charger de mettre la pression chaque semaine et de faire en sorte que l’engagement qu’à pris le maire soit respecté. Ensuite, il faudra recruter un responsable, aménager l’espace pour y ranger les livres, les étiqueter, faire un inventaire, ouvrir un registre des entrées/sorties, mettre une pancarte indiquant les horaires d’ouverture, etc. Pour le nettoyage de la ville, nous avons commencé par faire ensemble un tour de la ville et noté tous les endroits à nettoyer. Certains lieux, en plein centre, sont de tels dépotoirs, que la vue de ces tas d’ordures ferait faire demi-tour à n’importe quel touriste. Ensuite, nous sommes tombés d’accord sur la nécessité absolue de faire un endroit où stocker et brûler les ordures, un peu à l’extérieur du centre mais pas trop loin tout de même pour garantir que les gens iront y déposer leurs ordures. Dernier point, l’installation de quelques poubelles facilement transportables autour de la place du marché met tout le monde d’accord. Il faut que la ville, une fois nettoyée, reste propre.

Je profite d’un peu de temps entre deux réunions pour aller saluer les membres d’une ONG récemment installés sur la commune. L’ONG Hover Aid se donne comme objectif d’améliorer l’hygiène et les services de santé de Beroroha et de ses alentours. Nos actions sont complémentaires. La coordinatrice fraîchement débarquée nous accueille chaleureusement et son franc parlé nous rassure, nous percevons les choses de la même manière et, comme elle, nous sommes étonnés que les habitants de la région ne soient pas plus riches car la terre est très fertile et le climat très favorable. Avec des méthodes classiques de culture, il est déjà possible de faire 3 récoltes de riz ! La vision trop court terme est certainement la cause principale de cette mauvaise gestion des stocks. En effet, chaque année, les habitants vivent une période plus ou moins longue de famine, les stocks de riz sont épuisés et ils doivent, pour la plupart, aller dans les forêts pour y récolter des tubercules et autres racines. La collaboration va avoir lieu, nous rencontrerons le directeur d’Hover Aid Madagascar à notre retour à Tana mi-août pour concrétiser notre partenariat.

Evrard Wendenbaum lors de la réunion artisanat autour des nouvelles activités économiques avec Naturevolution, Beroroha, Makay, Madagascar

Nous terminons la journée par une réunion avec les membres d’une autre association et discutons avec eux des possibilités de fabrication d’objets d’artisanat qui pourront être vendus aux touristes. Nous arrivons vite à une petite liste d’objets locaux à laquelle nous ajoutons quelques idées. Très vite, les personnes présentes nous demandent s’il sera possible pour elles d’avoir des cours de français pour améliorer leurs connaissances par de la pratique orale. Ils veulent être prêts pour accueillir les touristes, la démarche nous paraît bonne, nous avons promis d’étudier la question et voir comment nous allions pouvoir organiser des sessions de cours.