Conférence au Muséum de Grenoble

Evrard Wendenbaum présentera ce mercredi 25 janvier entre 15h et 17h au Muséum d’histoire naturelle de Grenoble, son dernier documentaire « Makay, à la découverte du dernier éden » sur les explorations scientifiques dans le Makay lors d’une conférence.

Partenaire institutionnel du projet depuis plus d’un an, le Muséum nous avait déjà permis l’année dernière d’organiser une conférence qui avait donné lieu à une visioconférence avec les scientifiques encore sur le terrain en janvier 2011.
Cette fois, pas de visioconférence avec le bout du monde, mais l’occasion de voir d’autres images de nos expéditions, d’écouter d’autres histoires et de rencontrer une nouvelle fois quelques chercheurs en chair et en os. Bref, une nouvelle occasion de rêver et de comprendre un peu mieux pourquoi nous mettons toute notre énergie à la préservation du massif perdu du Makay.

La botaniste Catherine Reeb, présente dans le Makay lors de notre dernière mission sur le terrain en janvier 2011, accompagnera Evrard Wendenbaum pour cet évènement, ainsi que le malacologue Jean-Michel Bichain (par visioconférence), membre lui aussi d’une de nos missions scientifiques en janvier 2010.

N’hésitez pas, c’est gratuit !

Visioconférence au muséum avec l'expedition " Makay Nature" à Madagascar - © JM Francillon / Ville de Grenoble 2011

Rediffusions de « Makay, les aventuriers du monde perdu »

Mercredi 14 décembre 2011 à 20h56
Mercredi 14 décembre 2011 à 22h31
Jeudi 15 décembre 2011 à 20h51
Lundi 19 décembre 2011 à 22h05
Dimanche 25 décembre 2011 à 15h36
Mardi 27 décembre 2011 à 4h13
Samedi 31 décembre 2011 à 23h47
Mercredi 4 janvier 2012 à 4h23
Jeudi 5 janvier 2012 à 20h45
Jeudi 12 janvier 2012 à 1h54

Le Makay sur Canal+

Evrard au milieu des palmiers d'un des canyons les plus somptueux du massif

Vous pourrez retrouver le massif du Makay et une partie de notre belle aventure dans le documentaire de 90 minutes « Makay, les aventuriers du monde perdu ». Ce documentaire inédit a été tourné en 3D, il faut dire que le relief incroyable de ce massif se prête merveilleusement à la 3D.

L’équipe d’explorateurs et de scientifiques du projet Makay Nature emmenés par Evrard Wendenbaum (initiateur et chef du projet Makay Nature) nous font vivre leur aventure, à la découverte d’une nature exceptionnelle. Cette exploration naturaliste d’envergure est faite dans le but d’inventorier les richesses naturelles afin qu’elles échappent à la déforestation sauvage du massif. Pendant deux mois, cette équipe internationale pluridisciplinaire de scientifiques a donc exploré les profondeurs du massif, dans des conditions parfois extrêmes. Quatre-vingts nouvelles espèces ont ainsi déjà été recensées, toutes disciplines confondues, mais tous les prélèvements n’ont pas encore été exploités.

Le massif du Makay est sans doute le dernier endroit sur Terre qui n’avait pas été foulé par l’Homme. Cet Eden inaccessible renferme une biodiversité unique et vierge que l’on vous propose de découvrir dans ce film. Expérience unique d’immersion et d’aventure dans un décor fantastique.

A vos écrans !

Le Makay sur France Inter

Evrard Wendenbaum a pu présenter le film et le projet Makay Nature dans l’émission la Tête au Carré de Mathieu Vidard du mercredi 14 décembre. Le documentaire 3D « Makay, les aventuriers du monde perdu » est programmé le soir même sur Canal+. Serge Bromberg était également invité pour parler de la restauration du film muet « le voyage dans la lune ». De nombreuses comparaisons sont faite entre les deux documentaires et surtout au niveau des techniques de restauration de films et de tournage 3D.

A découvrir

Qui s’y frotte, s’y pique!

Les gousses du pois mascate sont recouvertes de petits poils terriblement urticants. Madagascar, Makay.

Si par mégarde, il vous arrivait de vous frotter à cette plante d’apparence inoffensive, n’aggravez pas votre cas en vous grattant car vous ferez pénétrer de minuscules aiguilles de silice un peu plus loin dans la peau. Une rencontre avec la Mucuna Pruriens (ou, de son nom vernaculaire, pois mascate) vous en coûtera une bonne démangeaison! Les malgaches ont leur astuce pour contrer les effets indésirables des poils urticants de cette plante : ils allument un feu et profitent de la chaleur qui s’en dégage pour annihiler le prurit.

Cette plante grimpante, qui peut mesurer plus de 15 mètres de haut, donne des fleurs blanches ou pourpres et des gousses d’une dizaine de centimètres et recouvertes de poils bruns jaunâtres, pointus et urticants. Les membres des expéditions Makay ont eu la mésaventure de la trouver souvent sur leur chemin.

Mais le pois mascate n’est pas aussi nuisible qu’il y parait, cette plante possède des vertus qui se trouvent principalement dans les fameuses gousses aux poils irritants. Il est utilisé en médecine ayurvédique qui lui prête de nombreux bienfaits dont celui de traiter l’anémie, la dysenterie, l’aménorrhée, les vers intestinaux, et les morsures de serpents. Il est également utilisé pour ses effets anti-vieillissement. Il est une source de L-Dopa, un acide aminé utilisé dans la lutte contre la maladie de Parkinson et la dépression. Des vertus aphrodisiaques sont également prêtées au pois mascate, il soignerait les troubles de l’érection et stimulerait la libido. Enfin, sa gousse comestible est utilisée comme complément alimentaire.

il serait donc regrettable de le considérer comme un vulgaire « poil à gratter »…

A qui sont ces griffes ?

Les mains de bébé velues d'une femelle Mirza Coquereli, une espèce de lémurien assez commune dans le massif du Makay à Madagascar. © Pierre Schmitt / Naturevolution

Pas plus grand qu’un écureuil (25 cm + une queue d’une trentaine de cm), le Mirza Coquereli, comme tous les lémuriens, est endémique de Madagascar. Espèce nocturne appartenant à la famille des cheirogaleidae, arboricole et omnivore, on le trouve dans des forêts sèches à feuilles caduques, mais aussi, quelques fois, dans des forêts humides.

Le Mirza coquereli est frugivore mais il peut consommer des insectes et leurs secrétions pendant la saison sèche. Ce petit lémurien solitaire est actif toute l’année. Pendant la journée, il reste dans un nid sphérique, construit avec des lianes entrelacées, des brindilles et des feuilles, qu’il choisit d’établir dans les petites cavités des arbres, à des hauteurs variant entre 2 et 10 mètres.

Tout comme ses frères lémuriens, il possède cinq doigts opposables avec des ongles aux mains et aux pieds. L’un d’eux, très souvent sur le deuxième orteil, long, épais et comprimé latéralement, est appelé griffe de toilette et est utilisée par l’animal pour se gratter et se toiletter.

Déclaré vulnérable par l’UICN en 2000, ce petit lémurien risque de disparaître car de lourdes menaces pèsent sur sa survie. La déforestation et les feux de brousse entraînent la dégradation et la perte de son habitat. Mais il est également chassé par les locaux qui le mangent ou le revendent au plus offrant. La plupart des ruraux malgaches ignorent que la chasse des lémuriens est illégale ou que ces derniers ne vivent qu’à Madagascar et donc méritent d’être protégés.

Un Mirza Coquereli, Makay, Madagascar

Au fil de l’eau

Descente de la rivière Makay en Alpackaraft, Madagascar

Atout majeur dans un terrain accidenté comme celui du Makay, l’Alpackaraft offre une alternative efficace pour progresser dans les fonds de canyons creusés par les petits cours d’eau.

S’aventurer dans les méandres du Makay peut parfois s’avérer complexe, voire même périlleux. Opter pour une progression au fil de l’eau est un choix judicieux car c’est parfois un bon moyen d’éviter de jouer aux montagnes russes pour passer d’un canyon à un autre. Des obstacles infranchissables à pieds peuvent être contournés avec ces embarcations ultra légères.

Vidés de son air, ce petit bateau se roule dans un sac et peut donc s’emporter partout car il ne pèse que 3 kg environ. Lorsqu’une rivière ou un lac se présente, il suffit de le gonfler et en quelques minutes, vous vous retrouvez avec un esquif logeable pour une personne et un gros sac. Muni de votre pagaie, vous pouvez alors vous laissez guider sur les multiples cours d’eau qui serpentent aux creux de ces canyons inextricables et découvrir ainsi de l’intérieur l’architecture incroyable de ce massif.

Peut-être aurez-vous la sensation de visiter les entrailles de la Terre…

Une aventure à laquelle quelques uns des membres des expéditions Makay Nature ont goûté.

Et vous?

Le site d’Alpackaraft a mis en ligne une gallerie photo illustrant leurs petits bateaux dans le Makay.

Le Tabaky – Le bois qui maquille

Les femmes s'appliquent un masque de beauté qui a également la fonction de les protéger des rayons nocifs du soleil. Massif du Makay, Madagascar.

Cette femme a illuminé son visage et celui de son bébé avec un Tabaky; ce masque est fait de bois râpé très fin, sur une pierre, souvent du bois de santal, puis il est mélangé avec de l’eau. La femme étend cette composition sur son visage qui la protège des ardeurs du soleil mais fait également office de produit de beauté.

Le Tabaky est confectionné à partir de l’aubier (partie de l’arbre juste sous l’écorce, généralement tendre et blanchâtre) de deux arbres, le Masonjoany et le Fihamy (ou Aviavy). Le procédé est simple : les femmes frottent un petit morceau d’aubier contre une pierre plate tout en ajoutant quelques gouttes d’eau jusqu’à l’obtention d’une pâte. Elles prélèvent ensuite de cette préparation avec un bâtonnet de bois ou de plastique à bout rond ou pointu, et l’appliquent sur le visage, parfois en dessinant des motifs.
Certains s’en appliquent sur tout le visage, en évitant le contour des yeux, d’autres n’en mettent que sur le front, les joues ou le menton.
Saviez-vous que le bois pouvait être l’allié de la beauté ? A Madagascar, loin des centres de beauté parisiens et new-yorkais, capitales de la mode, le Tabaky est un produit de beauté peu ordinaire mais digne de ce nom!

Mais qui est à l’origine de cette leçon de maquillage si naturelle? En Inde, on sait que les signes frontaux des femmes hindouistes sont dessinés au santal (points rouges), au calcaire (dessins blancs), au curcuma (motifs jaunes). Somaliennes et Djiboutiennes se masquent de jaune au safran ou au curcuma pour les soins de leur peau. Nous retrouverons le curcuma à Mayotte comme nous avons rencontré le santal. L’océan Indien a transporté ces produits et probablement les rituels du masque.

Allez les filles, cet été, soyez belles et naturelles : laissez au placard tous ces potaillons remplis de produits dont vous ignorez la provenance et préférez une petite préparation maison. Les vertus que recèlent la nature sont immenses, il n’est donc pas utile de recourir à la chimie pour prendre soin de soi.

Sources :

 

Jeu de rôle pour la conservation du Makay

Au collège Aimé Césaire de Grenoble, quelques élèves de 6° se sont prêtés à un singulier exercice : la création et l’expérimentation d’un jeu de rôle qui met en scène plusieurs parties autour du projet Makay. Ils ont confronté les points de vue des professionnels du tourisme, des enseignants, des écologistes, des éleveurs de zébus. Pour poser leurs arguments et permettre une bonne lisibilité par l’ensemble de leurs camarades de collège, ils ont réalisé des panneaux explicatifs et illustrés. Selon leur enseignante, cet exercice fut une réussite et un très bon moment d’échange.

Ce type d’activité est un excellent moyen de mobiliser les élèves et de les rendre acteurs de leur propre apprentissage. Leur enseignante voulait les amener à réfléchir sur les problématiques qui naissent autour d’un projet de conservation. Elle s’est donc servi de la situation du massif du Makay de Madagascar pour planter son décor et elle a ensuite invité ses élèves à identifier les acteurs d’un tel projet; ceux qui seraient favorables à la création d’une aire protégée et ceux qui s’y opposeraient. Les élèves devaient se mettre dans la peau des uns ou des autres et développer un argumentaire en fonction.

Quelques phrases glanées ça et là sur leurs panneaux :

  • Les professionnels du tourisme: « Les touristes vont acheter des souvenirs. »
  • Les enseignants: « Il faudrait des transports scolaires et abaisser le prix de l’école. »
  • Les écologistes: « Les scientifiques doivent venir découvrir les espèces endémiques pour que le site et la biodiversité soient protégés. »
  • Les éleveurs de zébus: « les voleurs de zébus nous font perdre de l’argent car il faut un autre zébu. Et nous devenons parfois des voleurs. »

Les diverses parties se sont « affrontées » dans un débat afin de parvenir à un accord pour que chaque acteur tire profit du projet. Le défi était que chacun puisse s’exprimer, que la parole circule équitablement, que l’issue soit bénéfique pour tous les participants au débat, qu’il n’y ait aucun lésé ni aucun usurpateur.

Rien de tel pour expérimenter une situation de conflit qui se présentera bien souvent dans le réel. Ainsi, les élèves ont touché du doigt le défi concret que l’association Naturevolution tente de relever depuis quelques mois (voir article dans le blog évoquant ce sujet ici).

Jeu de role d'après les contenus rapportés par Naturevolution depuis le Makay à Madagascar

Bona : notre homme qui sait tout faire

Bona, responsable des pépinières pour Naturevolution à Beroroha, Makay, Madagascar

Bona est venu à ma rencontre en novembre 2010 alors que nous venions de traverser le fleuve Mangoky par le bac. Il s’est spontanément présenté à moi pour me dire qu’il avait travaillé pour le WWF dans un programme de reforestation ici à Madagascar quelques années auparavant. Il nous avait vu à la télévision la veille au soir et attendait notre arrivée et nous proposait ses services. Nous décidons de le prendre dans l’équipe pour une période probatoire de quelques jours, cela tombait bien, nous partions avec une dizaine de scientifiques à l’ouest de Beroroha pour quelques jours. Je lui donne rendez-vous vers 14h au centre du village pour le départ.

A 14h10, aucune trace de Bona, et alors que nous étions sur le point de partir, il est arrivé en trottinant, presque essoufflé, et s’est excusé de son retard. Entre le moment où nous l’avions laissé sur le bord du Mangoky et maintenant, il avait fait un aller-retour vers Fanjakana pour aller s’acheter une paire de sandales afin d’être correctement chaussé pour sa nouvelle mission ! En moins de deux heures, il a traversé deux fois le Mangoky en pirogue et fait 10 km à pied.

Travailleur et sérieux, il a rejoint l’équipe durant les deux expéditions de novembre/décembre 2010 et de janvier 2011, il est resté aux côtés de Max pour veiller à ce que toute la logistique et les transports se passent bien.

Depuis que nous sommes arrivés à Beroroha, je passe beaucoup de temps avec Bona, c’est une vraie bible, il connait toutes les essences de bois, sait reconnaître les arbres sur pied, travaille le bois à merveille, il est le menuisier de Beroroha. Il fabrique charrettes, meubles, et toutes les pièces en bois que les gens lui demande. Pendant son expérience au WWF, il a accumulé un grand nombre de connaissances sur l’ensemble du processus de reforestation, de la gestion de pépinières à Madagascar à la replantation in situ.

Bona est l’homme de la situation pour nous qui souhaitons commencer une pépinière ici à Beroroha avec des objectifs ambitieux de production de plants d’essences autochtones pour la fin de l’année. Nous souhaitons en effet replanter déjà près de 13 000 arbres d’ici fin 2011. C’est un travail a temps plein que nous lui proposons, l’objectif, en plus de la pépinière de Beroroha est de commencer aussi trois autres sites de production de plants dans les villages plus au nord proches de forêts extrêmement dégradées : Beronono, Kalomboro et Tsivoko. La réhabilitation de la forêt est nécessaire pour la préservation de l’habitat de nombreuses espèces et pour la sauvegarde de la biodiversité.